Sophie Wilmès et d'autres poids lourds du MR critiquent Georges-Louis Bouchez et son emprise sur la com' du parti
Les poids lourds du MR étaient réunis en "bureau élargi" ce lundi matin, pour la première fois depuis plusieurs semaines. La question de la prolongation ou non du mandat présidentiel de Georges-Louis Bouchez n'a pas pu être tranchée. Le climat était très tendu…

- Publié le 02-10-2023 à 16h45
- Mis à jour le 02-10-2023 à 18h35

La séance du bureau élargi du MR, ce lundi, s'est révélée fort chaotique. Cet organe interne du parti libéral – composé des ministres, des chefs de groupes parlementaires, de quelques "sages", des présidents de fédérations provinciales – ne s'était plus réuni depuis plusieurs semaines, ce qui faisait grincer des dents chez les bleus. La question de la prolongation d'un an du mandat de Georges-Louis Bouchez, le président du MR, devient urgente : elle doit absolument être tranchée avant novembre, le terme normal de son mandat.
Ce lundi, donc, en bureau élargi, les mandataires libéraux ont pu faire part de leurs interrogations sur l'évolution que connaît leur formation politique. Et même plus que cela…. Dans un tir de barrage venu de plusieurs élus, le style de Georges-Louis Bouchez a été pointé du doigt. Même l'ancienne Première ministre et ancienne ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, a fait part de son malaise face à l'emprise très personnelle du jeune Montois sur l'appareil de parti et sur sa communication.
"Sophie Wilmès a émis des réserves sur la personnification du parti"
"Il y a eu une longue discussion où tout le monde s'est exprimé dans le même sens. Mais la discussion sur une éventuelle prolongation n'a pas abouti, explique une personnalité du MR. On reste en attente. Tout le monde a pointé du doigt l'emprise de Georges-Louis sur le MR. Sophie Wilmès a en effet émis des réserves sur la personnification du parti. Mais je ne vais pas en dire plus, je ne veux pas participer au déballage dans les médias. Il faut désormais arriver à une solution."

Vers 14 heures, la réunion a pris fin. Dans l'impasse. C'est que les points à régler sont nombreux. À côté des critiques sur le mode de communication du président, plusieurs membres influents du MR voudraient obtenir des garanties de Georges-Louis Bouchez sur la manière dont il attribuera les portefeuilles ministériels dans les prochains gouvernements, pour peu que le MR reste au pouvoir. Il serait également question d'encadrer le président dans les négociations en vue de former ces mêmes exécutifs après les élections de 2024. Les demandes concrètes des contestataires du pouvoir présidentiel reste toutefois assez floues.
Si elles ne pouvaient obtenir satisfaction, ces personnalités, qui pour le moment demeurent discrètes dans les médias, pourraient réclamer des élections internes dans les prochaines semaines. Mais cette hypothèse, assez improbable, ne fait pas trembler Georges-Louis Bouchez qui aurait de bonnes chances d'être alors réélu pour un mandat de cinq ans.
La menace des Engagés ?
Le MR doit rapidement se mettre en ordre de bataille. Pendant que l'état-major du parti tergiverse sur le cadre à donner au pouvoir présidentiel, Les Engagés multiplient les annonces de ralliement. Le mouvement dirigé par Maxime Prévot a même obtenu de bons résultats en termes d'intention de vote dans le dernier sondage du Soir et de RTL. Or, la formation centriste, héritière du CDH, veut clairement attirer les déçus du MR en se plaçant politiquement au centre-droit de l'échiquier.