Conner Rousseau : "Si je sens que beaucoup de gens me soutiennent, je continuerai"

Dans la tourmente après ses propos racistes contre la communauté Rom, le socialiste flamand entend conserver sa place de président de parti.

Vooruit's chairman Conner Rousseau pictured during a press conference of Flemish socialist party Vooruit chairman Conner Rousseau Sint-Niklaas, Thursday 05 October 2023. BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK
Conner Rousseau

Le président de Vooruit, Conner Rousseau, dit comprendre que de nombreuses personnes soient en colère après ses déclarations visant les Roms de début septembre. Mais s'il sent que suffisamment de personnes le soutiennent, il poursuivra son mandat à la tête des socialistes flamands, a-t-il indiqué dimanche au cours de l'émission "De Zevende Dag" (VRT).

Depuis plusieurs jours, M. Rousseau est pris dans une vive polémique en raison de propos tenus début septembre alors qu'il était ivre, dans lesquels il incitait des policiers à se servir de leur matraque contre des Roms vivant dans sa commune de Sint-Niklaas (Flandre orientale). Unia, centre interfédéral pour l'égalité des chances, a fait un signalement à la suite de cet incident, plusieurs partis ont condamné les propos tandis qu'une série de personnalités de Vooruit ne cachaient pas leur malaise.

Jeudi soir, après avoir été entendu par la police judiciaire fédérale de Gand, M. Rousseau a présenté ses excuses au cours d'une conférence de presse. Dimanche, il a reconnu une nouvelle fois son erreur. "C'est la première fois que je commets une telle erreur et ce sera aussi la dernière fois", a-t-il dit. Il a aussi défendu les démarches qu'il a entreprises auprès du chef de corps de la police locale et du bourgmestre. Sa mère l'avait averti que des rumeurs circulaient selon lesquelles il avait frappé des policiers et avait été arrêté, "ce qui relève du mensonge". "J'avais même été contacté par un journaliste local", a ajouté M. Rousseau qui redoutait une nouvelle campagne visant à le salir.

Pour empêcher la publication d'un article et d'un reportage sur l'incident, fondé sur un procès-verbal qu'il n'avait pas encore pu voir, le président de Vooruit s'est pourvu devant la justice, avec succès. Il a contesté toute forme de censure préventive. "Il y a la liberté de la presse mais aussi le droit à un procès équitable. Si je ne peux pas savoir que j'ai dit, c'est une atteinte à mes droits dès lors que c'est publié", a souligné M. Rousseau.

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