Accord au sein du MR : Sophie Wilmès jouera un rôle central dans la campagne électorale et dans les futures négociations gouvernementales
Le mandat de Georges-Louis Bouchez à la tête du MR est prolongé. Toutefois, ce dernier a dû accepter un nouveau partage des pouvoirs au sein du parti. L'ancienne Première ministre, Sophie Wilmès, est au cœur du nouveau dispositif.

- Publié le 09-10-2023 à 10h57
- Mis à jour le 09-10-2023 à 16h14

Comme annoncé par La Libre, le Conseil du MR (un organe qui rassemble un large panel d'élus) s'est réuni lundi matin à 9 heures. Le principe de la prolongation du mandat présidentiel de Georges-Louis Bouchez a été validé. Une conférence de presse a été organisée à 11 heures au siège du parti afin de présenter les détails de l'accord interne entre les poids lourds libéraux.
Comme pressenti, le maintien en place de Georges-Louis Bouchez au-delà des élections de juin et d'octobre 2024 s'accompagne de la définition d'un dispositif spécial. Un dispositif qui vise à équilibrer les pouvoirs au sein du MR en vue de la campagne électorale et, surtout, en vue de la négociation des futurs accords de gouvernement auxquels les libéraux pourraient être associés.
Dans cette nouvelle organisation interne, un nom ressort clairement, celui de Sophie Wilmès. L'ancienne Première ministre jouera un rôle central dans les prochains mois. "Sophie va être l'éminence grise de cette campagne. Et on marque l'arrêt de l'hyper-présidence", explique une source MR.
Sophie Wilmès chargée des "relations extérieures du MR"
Le Conseil du MR a en effet désigné Sophie Wilmès comme figure de proue du parti : elle sera chargée, aux côtés du président Bouchez, des relations externes du MR, des négociations et de leur coordination avec les chefs de file des différents niveaux de pouvoir. Qui sont ces "chefs de file" ? Il s'agit de David Clarinval pour le fédéral, de Willy Borsus pour la Wallonie, de Pierre-Yves Jeholet pour la Fédération Wallonie-Bruxelles et de David Leisterh pour la Région bruxelloise. La communauté germanophone sera prise en charge par le PFF (Partei für Freiheit und Fortschritt), composante du MR.
Au surplus, le bureau exécutif du MR se transforme en bureau de campagne. "Il sera le lieu central de pilotage et de décision de notre déploiement électoral sur les différents aspects : listes, programme, communication, budget. Celui-ci se réunira tous les jours à partir du mois de janvier", précise un communiqué du parti.
Cette paix des braves au sein du MR (dont David Clarinval aurait proposé la version finale) met fin à l'incertitude qui minait la formation libérale depuis plusieurs semaines. Pour rappel, Georges-Louis Bouchez était la cible de critiques. Plusieurs mandataires, au plus haut niveau du parti, craignaient l'impact négatif que le style fougueux de leur jeune président pourrait avoir aux élections.
Plus particulièrement, les rapports détestables que Georges-Louis Bouchez entretient avec les dirigeants des autres formations hypothéquaient aux yeux de nombreux libéraux les chances pour le MR de se maintenir au pouvoir après les scrutins de 2024.

Adoucir l'image du MR grâce à Wilmès
Avec la mise en avant de la très populaire Sophie Wilmès, le MR espère adoucir son image. En tant que négociatrice en chef en vue de la constitution des futures coalitions, sa diplomatie devrait permettre aux libéraux de pouvoir, au moins, s'asseoir à la table des négociations.
Dans la nouvelle répartition des rôles chez les bleus, Willy Borsus sera au centre du jeu en Wallonie. C'est un choix stratégique car l'actuel ministre régional de l'Économie fait partie - et cela depuis longtemps - des personnalités libérales les plus hostiles à Georges-Louis Bouchez. Ce dernier ne se prive d'ailleurs pas de déplorer sa relative transparence politique alors qu'il occupe un portefeuille clef au gouvernement wallon.
Sur le papier, le deal intra-libéral semble idéal. Mais il pourrait se heurter à plusieurs écueils. Nous l'écrivions lundi : Georges-Louis Bouchez réussira-t-il à se tempérer et à respecter cet accord ? À plusieurs reprises, il avait juré de se montrer plus collectif dans sa communication… Mais sans toujours tenir ses promesses.
"On a de chouettes profils au sein du MR pour gagner les élections, beaucoup de talents et une belle énergie, note un élu qui compte au MR. Il suffit que Georges-Louis leur laisse un peu d'espace. Il a aussi tout à gagner à cela. Je pense qu'il va réussir à se restreindre parce que, pour la première fois, il a compris que son attitude pouvait lui faire perdre encore plus que sa présidence : sa fierté."
Si aucun modus vivendi n'avait pu être trouvé, de puissants courants au sein du MR avaient prévu de l'éjecter de son fauteuil de l'avenue de la Toison d'or et d'installer à sa place un triumvirat composé de Sophie Wilmès, de Pierre-Yves Jeholet et de Willy Borsus.
Georges-Louis va réussir à se restreindre parce que, pour la première fois, il a compris que son attitude pouvait lui faire perdre encore plus que sa présidence : sa fierté."