Chaos attendu au carrefour Léonard : "On ne peut plus permettre à autant de voitures de rentrer dans Bruxelles !"
Didier Gosuin (Défi), ancien bourgmestre d'Auderghem, estime que les différents ministres régionaux de la Mobilité doivent prendre des mesures pour diminuer le flux de véhicules qui entrent dans Bruxelles.

- Publié le 15-04-2024 à 16h28
- Mis à jour le 15-04-2024 à 19h40

Dès ce mardi, les automobilistes circulant sur l'E411 et venant d'Herrmann-Debroux ne pourront plus tourner à droite sur le Ring vers Waterloo. Des gros embarras de circulation sont attendus.
Georges-Louis Bouchez, président du MR, de même qu'Elke Van den Brandt (Groen), ministre bruxelloise de la Mobilité, ont réclamé le report du chantier d'une semaine, pour mieux s'organiser.
Interdire les camions mais laisser passer les voitures?
Ce lundi, Benoît Cerexhe (Les Engagés), bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre a réclamé lui-aussi un report du chantier le temps d'étudier une piste de solution. "Selon les services techniques de la commune, il semble possible de permettre aux véhicules légers de moins de 3,5 tonnes de continuer d'emprunter ce tourne-à-droite pendant les travaux. Cette bretelle fait minimum 5 mètres de large. Cela permettrait de prévoir un espace d'au moins 2 mètres sans circulation entre la paroi du tunnel et une bande rétrécie sur la droite, réservée aux véhicules légers. En cas de nécessité, il serait même possible d'empiéter quelque peu sur l'accotement de droite", explique-t-il.
Dans La Libre de ce lundi, la ministre flamande de la Mobilité Lydia Peeters a jugé "très mauvaise" l'idée d'un report.
Maintiendra-t-elle sa position ?
Une réunion CIM (conférence interministérielle mobilité) doit avoir lieu ce lundi soir en urgence pour limiter le chaos attendu dès ce mardi au carrefour Léonard, alors que les travaux de rénovation du tunnel entrent dans une nouvelle phase et que le "tourne à droite" vers Waterloo sera complètement fermé.
Dans les communes environnantes, qui s'attendent à un report massif de circulation, l'inquiétude monte.
"De 5 000 à 6 000 voitures qui devront trouver des échappatoires"
"On ne peut plus permettre à autant de voitures de rentrer dans Bruxelles !", alerte Didier Gosuin, ancien bourgmestre d'Auderghem et ex-ministre bruxellois. On se prépare à faire tourner les gens dans un bocal. Il faut qu'on cesse de donner la possibilité à autant de véhicules de rentrer dans Bruxelles, si on ne leur donne pas la possibilité d'en sortir. D'après nos données, ce sont 5 000 à 6 000 voitures qui devront trouver d'autres échappatoires à cause de la fermeture du tourne-à-droite vers Waterloo. Et Waze (logiciel d'aide à la conduite) peut être aussi intelligent qu'il veut, il n'y en a pas ! C'est soit la chaussée de la Hulpe, vers Groendael, une sortie à une bande, ou la drève de Lorraine et c'est aussi une bande. Ou alors à partir de Saint-Gilles, via la chaussée de Waterloo. Mais ce sont des axes déjà embouteillés depuis la nuit des temps. Je ne comprends pas que la réflexion ne se pose pas sur comment réduire les véhicules qui rentrent dans Bruxelles, comme dans une nasse. Je suis choqué comme Bruxellois qu'on ne se pose pas cette question. D'autant que le problème se posera jusqu'en 2025, parce qu'après Léonard, ce sera rebelote avec les travaux prévus aux 4 bras de Tervueren."
Pour Didier Gosuin, la concertation entre ministres qui aura lieu ce lundi doit servir à cela. "Ils pourraient très bien de décider, comme à Lyon, de mettre des bandes réservées au covoiturage. Ou de favoriser le transport en commun. Quand il y a eu un problème à l'entrée du viaduc Herrman Debroux il y a quelques années, les ministres flamands et wallons ont mis des moyens alternatifs. André Antoine avait rendu la ligne de Tec gratuite durant les travaux. On pourrait aussi augmenter les fréquences de train, comme on le fait à la mer lors des jours de week-end ensoleillé. Il faut trouver des alternatives."
