Quelle sera la stratégie du PS contre l'Arizona? Le pouvoir d'achat, le pouvoir d'achat et encore le pouvoir d'achat
Le parti ne veut surtout pas reproduire le chaos des débuts du gouvernement Michel en 2014.

- Publié le 03-02-2025 à 19h30
- Mis à jour le 03-02-2025 à 20h06

Lundi matin, à l'heure où le nouveau gouvernement fédéral prêtait serment devant le Roi, le bureau du PS réunissait ses membres, comme il en a l'habitude chaque semaine. Depuis deux semaines déjà, le parti et son président, Paul Magnette, ont réagi aux fuites en provenance de la négociation de l'accord de gouvernement, finalement conclu vendredi. La stratégie socialiste reste la même. Il faut, dans un premier temps, attirer l'attention des citoyens sur les "mensonges" proférés par les partis qui composent la coalition "Arizona" en matière de pouvoir d'achat.
Paul Magnette ne disait d'ailleurs pas autre chose dans La Libre du 25 janvier : "Je croise plein de gens qui me disent qu'ils ont voté pour le MR parce qu'on leur a promis 500 euros de salaire en plus. Ils ne les auront pas et il est temps de leur dire". C'est là-dessus et sur d'autres mesures qui toucheront directement les citoyens que le PS mènera ses premières offensives face au gouvernement De Wever. Les deux partis francophones qui siègent au gouvernement, le MR et Les Engagés, devraient être ses principales cibles. Paul Magnette précisait d'ailleurs dans la même interview que le programme de ce gouvernement "fera mal aux pensionnés, aux personnes malades, à des personnes qui ont perdu leur emploi, aux travailleurs à bas salaires, etc". "Ce sera la plus grande régression sociale jamais connue. Je ne comprends pas comment deux présidents de partis francophones peuvent accepter ça", ajoutait-il.
Le PS ne retiendra pas ses coups contre Vooruit
Il faudra voir aussi comment les socialistes francophones traiteront les ministres socialistes flamands (Vooruit) qui siègent au gouvernement. Mais de ce que l'on en sait, Paul Magnette ne compte pas retenir les coups contre ceux avec qui il partage le bâtiment du boulevard de l'Empereur.
Les débuts de l'exécutif De Wever seront-ils aussi chahutés par les socialistes que celui que la "Suédoise" dirigée par Charles Michel entre 2014 et 2019 ? Sans doute pas. Ce matin, en bureau de parti, Paul Magnette et son prédécesseur, Elio Di Rupo – désormais député européen – ont insisté sur la nécessité de ne pas créer le chaos à la Chambre. En 2014, lors de la déclaration de politique générale de Charles Michel, les socialistes, Laurette Onkelinx en tête, n'avaient pas épargné le nouveau Premier ministre et son secrétaire d'État à l'Asile et aux Migrations, Théo Francken (N-VA) qui s'était rendu peu de temps avant à l'anniversaire d'un ancien collaborateur, Bob Maes. Les allusions au régime nazi n'avaient pas manqué de résonner dans l'hémicycle.
