Les Engagés optent pour la "particip-distanciation" face au gouvernement fédéral
Yvan Verougstraete, président intérimaire des Engagés, devrait être confirmé sans difficulté à la tête du parti, le 13 avril. Il dit vouloir défendre les compromis gouvernementaux, mais en continuant à affirmer l'identité de sa formation politique.

- Publié le 22-03-2025 à 07h02
- Mis à jour le 22-03-2025 à 14h04

Les centristes que sont Les Engagés se sentent-ils à l'aise dans ce gouvernement fédéral qui tire à droite ?
Le gouvernement est en capacité de faire des réformes que les autres n'ont pas eu le courage de faire. Cela ne veut pas dire que les mesures prises sont parfaites. On va continuer à essayer de peser dessus, à se battre pour ne laisser personne au bord du chemin. Le changement, c'est compliqué. Il faut amener tout le monde à destination sans perdre la moitié des wagons. C'est là où on se sent peut-être moins à l'aise dans le gouvernement. Je pense qu'on prend les bonnes décisions, mais on doit veiller à amener tous les wagons avec nous, à ne pas brutaliser, à ne pas casser.
La N-VA et MR veulent mener des réformes, quitte à brutaliser ou à casser ?
Je ne parle que de nous. Et nous, nous avons la volonté plus que d'autres de travailler avec les corps intermédiaires, d'entretenir le dialogue avec la société civile, d'accompagner, d'expliquer, et peut-être aussi de trouver le bon rythme dans la mise en œuvre des réformes.
En interne, chez Les Engagés, vous avez apparemment utilisé l'expression de "particip-distanciation" pour décrire la manière dont le parti allait se positionner par rapport aux décisions du gouvernement.
Oui, j'ai utilisé cette expression. On ne sera jamais partisan de la "particip-opposition" qui consiste à essayer de bloquer les idées de l'autre au sein du gouvernement. Dans un moment de crise tel qu'on le vit, on ne peut pas se le permettre. On doit travailler à des compromis pour avancer ensemble. Chez Les Engagés, on va respecter et assumer ces compromis. Par contre, on gardera une certaine distanciation, dire que ce n'est pas parce qu'on a accepté un compromis qu'on doit nous réduire à ce compromis, rappeler que ce n'est pas cela notre programme.
Ce qui est sûr, c'est que je ne serai pas dix ans président. De toute façon, je ne ferai plus dix ans en politique.
Sauf improbable surprise, vous serez élu à la présidence des Engagés, le 13 avril. Même si ça ne s'est pas concrétisé, des mandataires Engagés avaient tenté de se rassembler derrière une candidature pour vous battre. Votre première mission sera-t-elle de fédérer en interne ?
Fédérer, c'est toujours la première mission d'un chef d'équipe. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai construit une équipe forte avec des complémentarités. Certains disent que les différences sont des oppositions. Pour moi, les différences sont des complémentarités.
Comment comprenez-vous les critiques internes ?
Il y a toujours des critiques. Mais, honnêtement, je n'en entends pas beaucoup. Il suffit que deux mecs appellent la presse et la presse dit qu'il y a de grosses tensions. Après, je ne suis pas parfait. Les critiques sont normales. Je dois prouver. Quand Maxime Prévot (devenu ministre des Affaires étrangères, NdlR) s'est présenté en 2022, on avait le même genre de remarques : des gens sceptiques par rapport au renouveau des Engagés (héritiers du CDH, NdlR). Mais je pense qu'il y en a moins aujourd'hui parce qu'on a vu l'élan qu'on a créé.
Les statuts des Engagés prévoient que le nouveau président devra terminer le mandat de Maxime Prévot, jusqu'en juin 2027. Savez-vous déjà si vous allez vous représenter pour mener la campagne en vue des élections de 2029 ?
C'est trop tôt pour le dire. On verra l'adhésion que j'arrive à créer. Je n'ai jamais eu de plan de carrière. J'ai toujours aimé avoir une expérience dans laquelle j'ai l'impression d'être le plus utile, et puis, quand on a le sentiment d'être moins utile, c'est le tour de quelqu'un d'autre. Ce qui est sûr, c'est que je ne serai pas dix ans président. De toute façon, je ne ferai plus dix ans en politique. Mais je ne connais pas encore le moment où j'
estimerai que c'est mieux de passer la main ou que le parti estimera que c'est mieux que quelqu'un d'autre la prenne.
