"Madame Glatigny ne nous écoute jamais et arrive avec des idées préconçues qui sont du siècle passé"

Ce matin, Maxime Binet recevait Martin Casier, chef de groupe PS à la fédération Wallonie-Bruxelles, dans son émission "Café sans filtre" sur LN Radio.

Il a bien entendu été question des négociations en cours en vue de la formation d'un gouvernement bruxellois. Plus d'un an après les élections, cela coince toujours malgré une annonce forte dimanche du MR qui affirmait pouvoir réunir six partis afin de mener à bien les discussions.

"Parvenir à un accord d'ici le 21 juillet est souhaitable", assure Martin Casier. "On a besoin d'un gouvernement à Bruxelles parce qu'il y a des enjeux budgétaires mais aussi parce qu'il y a plein de politiques qui restent aujourd'hui dans le flou. Nous nous sommes à la table des négociations depuis le premier jour. Je rappelle d'ailleurs qu'en juillet dernier, il y avait des préaccords avec le MR et les Engagés. On est aussi très heureux aujourd'hui de voir qu'il y a une nouvelle dynamique qui se met en place. Maintenant il faut respecter les balises de cette dynamique, c'est-à-dire une négociation à six partis (PS, MR, Engagés, Groen, Vooruit et Open VLD, NdlR)."

Quand on lui signale que l'accord qui est intervenu dimanche à l'initiative du Mouvement réformateur est assez flou, l'invité rétorque : "Le communiqué de presse qui est sorti dimanche soir, il est très clair. Il parle bien d'une négociation à six, et pas à six et demi. On ne rajoute pas par la fenêtre des gens qui n'étaient pas prévus à table (la N-VA, NdlR). Cela va permettre d'avoir des négociations dans de bonnes conditions. C'était la balise du PS depuis le début."

"Ce n'est pas la N-VA qui décide qui placer"

Pour Martin Casier, il semble faisable de tracer les grandes lignes d'un accord de gouvernement d'ici le 21 juillet. Il faut à présent se mettre autour de la table et travailler.

Quant au poids de la N-VA sur ces négociations et la volonté du MR de mettre au poste de secrétaire d'État une personnalité "N-VA compatible", Martin Casier reconnaît que cela faisait partie de l'accord signé dimanche soir. "Mais ce n'est pas la N-VA qui décide qui placer. C'est le MR qui fera une proposition d'une personne de la société civile non encartée. Mais N-VA compatible ou non, ce qui nous importe, c'est que cette personne soit compatible avec le gouvernement qui sera mis en place."

À Bruxelles, la N-VA exige d'être à la table des négociations bruxelloises, et l'initiative du MR fonce droit dans le mur

Parmi les plans d'action du futur gouvernement bruxellois, il y aura bien sûr le suivi de la trajectoire budgétaire avec un déficit à réduire. Martin Casier évoque qu'outre des économies à faire, il faut aussi penser aux recettes possibles. Et il estime qu'il faudra peut-être aller voir du côté du précompte immobilier et des épaules les plus larges.

Augmenter les seuils de réussite dans l'enseignement ?

L'invité est ensuite revenu sur un autre sujet chaud de l'actualité, à savoir l'augmentation du seuil de réussite des épreuves certificatives dans l'enseignement. Pour Martin Casier, "pour améliorer le niveau des élèves, il faut d'abord mieux accompagner les élèves dans leur réussite. C'est-à-dire augmenter l'accompagnement personnalisé, diminuer la taille des classes, mettre des deuxièmes enseignants dans les classes pour permettre de remédier au problème etc."

Certaines mesures du Pacte d'Excellence sont mises sur pause : la réforme est-elle menacée ?

Quand on lui demande de mettre une note à Valérie Glatigny et à l'ensemble du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles au pouvoir, le chef de groupe PS rétorque : "Je n'ai pas réfléchi à donner une cote. Mais elle ne serait pas très élevée. En tout cas, dans les nouveaux seuils de réussite de Madame Glatigny, elle ne réussirait certainement pas. Peut-être moins que 5/10 même car au-delà des mesures, il y a la méthode. On nous avait parlé de transparence et de concertation, et je n'ai jamais vu les acteurs de l'école aussi vent debout contre toutes les mesures. […] Et je sais bien que Madame Glatigny dit qu'elle ne va pas changer d'avis ni d'orientation. C'est tout le problème. Quand on veut faire de la concertation et co-construire, il faut pouvoir écouter. Et on a le même problème au Parlement : Madame Glatigny ne nous écoute jamais. Elle ne laisse jamais place à cela et arrive avec des idées préconçues qui sont du siècle passé".

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...