Le mot "génocide" pour évoquer la situation à Gaza n'est pas accepté par la majorité wallonne
Comme au fédéral et malgré quelques divergences, MR et Engagés restent unis sur la question palestinienne.

- Publié le 19-08-2025 à 18h39
- Mis à jour le 20-08-2025 à 08h59

Les Engagés ont fait semblant de rien. Mardi en commission des relations internationales du Parlement wallon, les députés wallons se sont penchés une nouvelle fois sur la situation à Gaza. Invités à rejoindre l'opposition (PS, Écolo et PTB) pour voter une motion intimant plusieurs gestes au gouvernement wallon, Les Engagés sont restés fidèles à la majorité qu'ils forment avec le MR.
Cette motion visait à ce que le gouvernement régional demande au fédéral de reconnaître immédiatement l'État de Palestine et qu'il déclare l'existence d'un génocide en cours à Gaza, ou du moins des crimes de guerre.
S'ils ont fait semblant de rien et n'ont pas rejoint la proposition de l'opposition c'est que, comme au fédéral, Les Engagés sont mal pris dans ce dossier. Au sein de l'Arizona, le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés), est toujours contraint de s'exprimer en son nom propre au vu de la position du MR qui refuse de reconnaître l'État de Palestine et l'utilisation du terme "génocide". Au sein de la majorité wallonne, Les Engagés sont un peu dans la même position. Précisons quand même que la députée Anne-Catherine Goffinet a conclu l'une de ses interventions en précisant qu'il fallait avoir "le courage d'agir". Sans préciser pour autant de quelle manière…
Un symbole
Ce mardi, l'opposition a situé le débat sur le plan des symboles (comme la reconnaissance de la Palestine) qui "peuvent faire avancer les évènements vers un cessez-le-feu", aux dires de la députée PS Anne Lambelin. "Sur cette reconnaissance, il n'y a rien qui avance", insiste Stéphane Hazée. Du côté du PTB, Julien Liradelfo a demandé à la majorité "de quel côté de l'histoire elle comptait se placer".
Dans les rangs du MR, comme de celui du Ministre-Président Adrien Dolimont (MR), on s'est bien gardé d'avancer sur le terrain de l'opposition même si, de manière unanime, les libéraux ont condamné une situation "insoutenable" à Gaza (Adrien Dolimont), et dénoncé le fait qu'il était "inacceptable de répondre à l'horreur par l'horreur" (Jean-Paul Wahl).
La majorité a cependant renvoyé l'éventuelle reconnaissance de la Palestine vers l'Union européenne dans un souci "d'efficacité" (Wahl).
Le MR aura donc surtout insisté sur le respect des compétences qui sont celles de la Wallonie sur ce conflit. Et il faut bien reconnaître qu'elles sont peu nombreuses. Les discussions auront donc surtout porté sur l'annulation par le Conseil d'État du décret pris sous la précédente législature par le prédécesseur de Dolimont, Elio Di Rupo (PS). Un décret qui interdisait le transit au niveau des aéroports wallons, de tout matériel visant à renforcer la capacité militaire d'Israël. Adrien Dolimont espère que l'arrêté royal porté par le ministre fédéral Jean-Luc Crucke (Les Engagés) − et qui pour l'heure est à l'examen au Conseil d'État − pourra donner à la Wallonie la base légale permettant de remettre en place cette interdiction. "Pour l'heure nous agissons au cas par cas", explique le ministre-Président qui a martelé plusieurs fois que la Wallonie voulait à tout prix éviter de "renforcer les capacités militaires israéliennes comme cela est prévu par un accord de coopération entre le fédéral et les régions signé en 2007. La Wallonie n'accorde aucune licence d'exportation d'armes vers Israël".
Le maintien de la coopération
En bout de course, chacun est demeuré figé sur ses positions initiales. Le Parlement wallon n'a pas voté la motion présentée par l'opposition et rien de symbolique n'est donc sorti de ces échanges. On a quand même appris que le gouvernement entendait maintenir les projets de coopération avec des ONG menés en Palestine pour aider les populations civiles.
