Un petit couac pour l'Arizona : pas de discours sur "l'état de l'union" ce mardi
Les ministres du gouvernement De Wever se donnent une semaine de plus pour trouver un accord sur les perspectives budgétaires.

- Publié le 13-10-2025 à 18h45
- Mis à jour le 14-10-2025 à 11h10
Des manifestants dans les rues semant le chaos face à un Premier ministre exposant sereinement à la Chambre les grands axes de sa politique… Cette image contrastée aurait sans doute plu aux partisans de la majorité Arizona, mais elle ne pourra pas prendre forme.
Bart De Wever a renoncé à prononcer le traditionnel discours sur "l'état de l'union", prévu le deuxième mardi d'octobre, faute d'accord budgétaire. Depuis plusieurs jours, la rumeur circulait dans les coulisses fédérales : le chef du gouvernement allait sans doute reporter sa prise de parole devant les députés.
Cette hypothèse s'est vérifiée lundi. Réuni en kern (comité ministériel restreint), le gouvernement s'est donné une semaine de plus pour trouver un compromis. "Le budget n'est pas un chiffon de papier", a commenté brièvement le Premier ministre à la fin de cette réunion entre les poids lourds de l'exécutif fédéral. Une manière de dire qu'il prend l'équilibre des comptes publics au sérieux et préfère ne pas précipiter les discussions. Ce report d'une semaine ne poserait aucun problème vis-à-vis des autorités européennes, qui en principe attendaient le projet de budget belge pour ce mercredi.
Au vu du contexte financier, la confection du budget s'avère compliquée. Selon le Premier ministre, il s'agirait même de l'exercice "le plus difficile de ce siècle". Plutôt que recourir à un ensemble de mesures éparpillées, le chef du gouvernement privilégie un effort drastique. Il s'agit non seulement de boucler l'épure pour 2026 mais également de revoir la trajectoire budgétaire d'ici à la fin de la législature (2029), c'est-à-dire le rythme de l'assainissement des finances de l'État. Il s'agirait de trouver 10 milliards d'euros, au minimum. En plus de l'effort initial qui avait été négocié lors de la formation de l'actuelle coalition.
Comment arriver à réduire le déficit public ? Plusieurs pistes circulent depuis quelques semaines : saut d'index, limitation de la norme de croissance des soins de santé, harmonisation de la TVA, efforts accrus pour remettre au travail les malades de longue durée, taxe sur les "grandes fortunes" ou encore limitation draconienne des sociétés de management… Autant de pistes de travail qui divisent profondément la coalition fédérale, qui allie le MR, la N-VA, le CD&V, Les Engagés et les socialistes flamands de Vooruit. La fiscalité poserait particulièrement problème, selon nos sources.
La gauche se déchaîne
À la nouvelle du report du discours du Premier ministre, l'opposition de gauche – PS, PTB, Ecolo – s'en est donné à cœur joie. Le débat prévu à la Chambre sur le projet de budget 2026 est lui aussi reporté et cela a suscité des critiques acerbes de la part de certains députés. "Ce n'est pas un contretemps technique, c'est un aveu d'échec, a souligné le chef de groupe PS, Pierre-Yves Dermagne. En dehors des attaques contre les travailleurs, les pensionnés et les malades, ce gouvernement est paralysé, incapable de s'entendre sur un budget. Et dans le même temps, Bart De Wever maintient des dépenses colossales pour les F-35 !"
"Reporter le budget, d'accord. Mais on ne peut pas reporter les urgences : crise climatique, explosion de la pauvreté, accès aux soins de santé, fraude fiscale, financement de la justice. Les Belges attendent des actes, pas des excuses. Au travail", a lancé la députée Sarah Schlitz (Ecolo-Groen).
