Des associations flamingantes pointées du doigt par la ministre Gennez ?
Selon le journaliste Alain Grootaers, "la ministre de la Culture en Flandre n'aime pas la culture flamande".

- Publié le 15-10-2025 à 06h35

La droite radicale flamande a une dent contre la ministre de la Culture Caroline Gennez (Vooruit). L'élue socialiste a décidé de réduire les subventions accordées à plusieurs associations proches du Mouvement flamand qui, faut-il le dire, a vu le nombre de leurs membres diminuer. Des coupes claires qui ont le don de rouvrir d'anciennes plaies difficiles à cicatriser.
La goutte d'eau qui a fait déborder le vase fut la décision prise, il y a quelques jours, par la ministre limbourgeoise de réduire de moitié les subventions accordées par le gouvernement flamand au mémorial de la Première Guerre mondiale "Museum aan de IJzer". Le monument dédié à la paix à Dixmude a été érigé pour honorer les soldats morts pour la Flandre durant la Première Guerre mondiale. Il est aussi reconnu comme un centre d'expertise qui organise des expositions et une kyrielle d'activités dans son domaine. Si sa dotation diminue substantiellement, cela aura aussi un impact sur le personnel rémunéré chargé entre autres de l'entretien du patrimoine sur ce site qui accueille de nombreux visiteurs.
't Pallieterke, publication nationaliste qui milite pour une Flandre autonome, a réagi au quart de tour. Elle mobilise désormais sous le slogan "Rendez-nous la Tour de l'Yser, elle nous appartient !" "La ministre de la Culture en Flandre n'aime pas la culture flamande", a écrit le journaliste Alain Grootaers.
Le même sort attend d'autres associations, proches du Mouvement flamand qui, toutes, perdront leurs subventions au moins partiellement. Il s'agit du Vlaamse Volksbeweging (VVB) qui compte plusieurs milliers d'adhérents, du Vereniging van Oudstrijders (VOS) fédérant les anciens combattants qui compte près de mille membres, de Cultuurlab Vlaanderen (l'ancien Rodenbachfonds) qui organise plus de 2500 activités par an et aussi la Fondation Lodewijck De Raet.
Pour Caroline Gennez, ce n'est pas parce qu'elles sont nationalistes qu'elles perdent certaines subventions. C'est parce qu'il n'y a pas d'alternative : la Communauté flamande doit se serrer la ceinture et vite. Fini donc de jouer le philanthrope arrosant généreusement les nombreuses associations culturelles qui prospèrent en terre flamande.
La commission propose, la ministre dispose
Paul Becue, le président de l'OVV (Overlegcentrum Vlaamse Verenigingen) regroupant 25 associations proches du Mouvement flamand est bien conscient du fait que c'est tout le secteur culturel qui est touché. Et d'évoquer le transfert des collections du MUHKA, musée d'art contemporain à Anvers, vers Gand, qui a provoqué, la semaine dernière, l'incompréhension des amateurs d'art contemporain.
Le responsable de l'OVV rappelle cependant que l'attribution des fonds publics aux associations est une obligation décrétale renouvelée périodiquement. Il se montre sceptique quand Caroline Gennez affirme avoir suivi, dans la majorité des cas, les recommandations des commissions d'experts. "Tout dépend de la composition de la commission en question. La ministre peut la modifier selon son bon gré", fait-il valoir.
Selon Paul Becue, ces associations pro flamandes sont très actives en Flandre. Il reconnaît cependant que les membres de ces associations vieillissent et que cela pourrait poser un problème à l'avenir malgré l'arrivée d'un public plus jeune ces dernières années.
À noter que seule l'association qui gère le site est touchée. La manne publique flamande ne se refermera évidemment pas sur la Tour de l'IJzer en tant que monument historique. L'imposante infrastructure fait partie du patrimoine flamand placé sous bonne garde du ministre nationaliste Ben Weyts (N-VA). Il n'est donc pas un monument en péril. Et, si une restauration s'impose, des moyens financiers seront libérés à cet effet.
Ce qui est jugé comme un moindre mal par certains flamingants parmi les plus radicaux qui vont jusqu'à se réjouir des coupes budgétaires décidées par la ministre socialiste… Car selon eux, l'ASBL qui gère le site compte, parmi elle, des "gauchistes haineux" de plus en plus éloignés du nationalisme flamand avec lequel ils n'auraient que peu d'affinités.
