Fonction publique, provinces, santé, etc : pour réaliser 270 millions d'euros d'économies, le gouvernement wallon taille dans les dépenses
Le gouvernement Dolimont ranime le projet d'assurance autonomie qui pourrait engendrer le paiement d'une redevance.

- Publié le 20-10-2025 à 16h47
- Mis à jour le 20-10-2025 à 17h09

Trois semaines qu'on l'attendait. Le budget du gouvernement wallon pour l'année 2026 est un budget qui, comme prévu, taille dans certaines politiques, et non des moindres, pour réaliser des économies structurelles de 270 millions d'euros en 2026. Sont visées, les politiques d'emploi et les aides à l'emploi (APE) tout d'abord (voir par ailleurs), mais aussi les pouvoirs locaux (communes et provinces), la santé et l'aide aux familles, l'économie et la fiscalité. "Nous avons un objectif de retour à l'équilibre en fin de législature, nous continuons nos économies structurelles, nous nous réinventons", explique le ministre-Président Adrien Dolimont (MR).
Au rayon des politiques nouvelles, il faut signaler le retour d'un vieux projet wallon, d'instaurer au sud du pays une assurance autonomie comme il en existe une en Flandre. Sous le nom de "garantie autonomie", ce projet porté par Yves Coppieters (Les Engagés) vise à mettre en place un système permettant aux personnes en état de dépendance (pour cause de maladie, de vieillesse, etc.) de rester le plus longtemps possible à domicile.
Par le passé, lorsque Les Engagés s'appelaient encore CDH, sous la législature 2014-2019, une tentative de mise en place d'une telle assurance avait déjà eu lieu. Les citoyen (ne) s auraient dû s'acquitter d'une redevance annuelle pour que ce soit financièrement viable. "Nous allons repartir des travaux déjà réalisés par le passé, mais rien n'est encore décidé", explique M. Coppieters. Adrien Dolimont considère qu'en se penchant maintenant sur ces questions qui vont "devenir plus importantes dans le futur, la Wallonie anticipe des questions qui auront un coût important". Entre les lignes, on peut comprendre que le principe d'une redevance devrait à nouveau être envisagé.
En matière de création de places de crèches, la ministre Valérie Lescrenier (Les Engagés) annonce garantir la création de 5 000 nouvelles places pour 2029. "Le financement de 1 448 d'entre elles a été signé ce jour. J'ai aussi un budget de 8 millions d'euros pour créer des places en suivant des modèles innovants et viables économiquement."
Le gouvernement a aussi décidé de simplifier la procédure d'octroi de permis pour les grandes infrastructures. La future boucle du Hainaut, qui doit garantir un apport important en électricité dans une partie du Hainaut, devrait passer par ce permis. Le projet, qui a un impact important pour le développement économique de la région, ne sera donc pas jeté à la poubelle malgré une forte opposition locale.
Pour en revenir aux économies, voici quelques exemples d'efforts qui seront réalisés en 2026 et parfois au-delà.
1 Pouvoirs locaux
En plus de la fin des aides à l'emploi octroyées aux pouvoirs locaux (voir par ailleurs), les provinces devront reprendre (c'était annoncé), la part complète des communes dans le financement des zones de secours d'ici à 2030. Ce qui est positif pour les finances communales ne le sera donc pas pour les provinces qui devront chercher à faire de nouvelles économies. Pour tout ce qui concerne les investissements dans les communes, les procédures seront simplifiées. Les grandes villes bénéficieront d'une dotation de 35 millions d'euros. Le gel de l'indexation du fonds des communes sera poursuivi. Enfin, le mécanisme de compensations "plan Marshall" qui octroie à certaines communes des compensations pour des réductions de recettes (exonérations de taxes) liées à des projets étiquetés Plan Marshall sur leur territoire, sera revu. Le ministre Desquesnes (Les Engagés) évoque les "effets d'aubaine et les abus" liés à ce mécanisme.
2 Santé
Dans le secteur de la santé et au niveau de l'Aviq − l'organisme public qui encadre toutes ces thématiques en Wallonie −, il faudra "faire mieux avec les mêmes moyens". Le ministre Coppieters annonce donc le remplacement d'un départ sur trois au niveau du personnel. Des efforts devront être réalisés dans les missions de l'Aviq sans qu'on sache sur quoi ces économies porteront. "Je me suis engagé à réaliser des économies en partenariat avec l'Aviq", explique M. Coppieters, qui va donc seulement commencer à chercher la plupart des pistes d'économies pour arriver à ce montant.
3 Allocations familiales
Une petite partie des efforts à réaliser dans le secteur de la santé et de l'aide aux familles sera faite sur les allocations familiales, dont 400 000 euros en 2026. Comme prévu, le gouvernement va rendre conditionnel le droit aux allocations familiales pour les jeunes entre 18 et 25 ans. "Ils devront prouver qu'ils sont aux études, en formation ou en insertion professionnelle", explique Yves Coppieters. Plus interpellant : même si le gouvernement ne s'est pas beaucoup épanché sur la question, la politique globale d'allocations familiales en Wallonie sera évaluée. "Est-ce que la politique mise en place lors de la régionalisation est encore la bonne ?" demande Adrien Dolimont. Réponse dans un an.
4 Économie
Le gouvernement wallon compte sur des dividendes émanant de Wallonie Entreprendre pour 10 millions d'euros. Les aéroports wallons seront aussi touchés par les mesures puisque l'exécutif y récupérera 7 millions d'euros.
5 Fiscalité
Un groupe de travail sera mis en place pour trouver des moyens destinés à lutter contre les abus fiscaux. La taxe sur les jeux et paris sera, elle, augmentée.
6 Fonction publique
La ministre Jacqueline Galant (MR) gèle l'enveloppe destinée à l'administration wallonne. À l'avenir, seul un départ sur trois sera remplacé, en moyenne. "Les directions du SPW seront dans une démarche d'autonomie, elles devront faire mieux avec autant." Au-delà du slogan, le gouvernement entend mettre "un frein clair aux recrutements pour concentrer les moyens sur la qualité du service. Nous faisons cela sans dogmatisme."
