"Il y a un mensonge que j'entends tous les jours au parlement de la part du PS, du PTB et de la gauche, qui se populise de plus en plus"
Député fédéral pour les Engagés, Ismaël Nuino était l'invité de Maxime Binet sur LN24 ce lundi 20 octobre 2025. Il est notamment revenu sur les difficultés du gouvernement Arizona de trouver un accord budgétaire pour 2026.
- Publié le 20-10-2025 à 12h02
Le blocage est-il pire qu'on ne le pensait ? Alors que le gouvernement Arizona tente de trouver des solutions pour économiser jusqu'à 10 milliards d'euros supplémentaires de manière structurelle, Bart De Wever a déjà une semaine de retard et l'Arizona n'arrivera très probablement pas à aboutir à un accord budgétaire dans les prochains jours.
Député fédéral pour les Engagés, Ismaël Nuino ne veut pas parler de "crise" au sein du gouvernement fédéral.
"On a mis 8 mois à faire un accord de gouvernement qui nous permettait d'économiser de manière structurelle 23 milliards d'euros, ce qui est déjà un sacré effort. Aujourd'hui, malheureusement, les circonstances font qu'on doit encore négocier un nouvel accord pour trouver 10 milliards supplémentaires sur nos dépenses. La difficulté, c'est qu'on a déjà beaucoup rétracté nos dépenses et qu'il faut peut-être ouvrir à des recettes supplémentaires", explique-t-il au micro de Maxime Binet.
On ne peut pas arriver à la table de négociation en disant: 'Nous, on ne veut pas faire ça, ni ça' en sachant que chaque parti veut faire la même chose.
Face à cette complexité d'avoir un accord pour le budget pluriannuel de 2026, Bart De Wever aurait-il fait une erreur en commençant son travail budgétaire trop tard ?
"On a eu un accord de Pâques, un accord de l'été et on pourrait se contenter de faire un budget 2026, comme cela a toujours été fait. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, on voit déjà les difficultés pour les années à venir. Le sérieux et la rigueur veulent donc qu'on prenne nos responsabilités pour négocier tout ce qu'on peut déjà négocier maintenant."
Pour Ismaël Nuino, la principale difficulté est de savoir comment mettre tout le monde autour de la table et si chacun est capable de mettre de côté ses tabous.
"Du côté des Engagés, on n'a pas de tabous. On ne peut pas commencer un exercice budgétaire aussi complexe en arrivant à la table de négociation en disant : 'Nous, on ne veut pas faire ça, ni ça' en sachant que chaque autre parti veut faire la même chose."
Saut d'index, réforme de la TVA et contribution des épaules les plus larges ?
Confronté à la question du saut d'index, qui fait parler depuis quelques jours, Ismaël Nuino estime qu'il ne s'agit "pas de la meilleure solution", notamment au regard de l'enjeu de la croissance, qui n'augmente pas comme il faudrait en Belgique.
"Mais cette question du saut d'index, comme toutes les autres de ce conclave, doit faire partie d'un équilibre global pour avoir des réformes justes. Il n'est pas question de prendre une mesure toute seule mais de les prendre globalement pour avoir un budget qui soit juste pour les gens durant les prochaines années."
Les épaules les plus larges doivent certainement contribuer, pas de manière récurrente, mais peut-être en one-shot.
Outre le saut d'index, il est aussi question d'une éventuelle réforme de la TVA, qui pourrait compliquer le pouvoir d'achat des ménages belges au moment de faire leurs courses. De quoi compliquer la promesse des Engagés d'avoir 450 euros entre les personnes qui travaillent et ceux qui sont inactifs ?
"La raison pour laquelle on a été élus, c'était de mieux récompenser le travail. Pour cela, il faut inévitablement diminuer les impôts en mettant un peu d'ordre : diminuer les dépenses publiques de manière drastique et trouver un peu d'oxygène en augmentant la TVA ou en allant chercher plus d'argent chez les épaules les plus larges."
Pour le député des Engagés, si on est capable d'augmenter la TVA, on doit pouvoir faire contribuer plus les épaules les plus larges.
"Cela peut passer par une augmentation de la taxation sur les comptes-titres. Un autre élément, c'est peut-être d'avoir une contribution exceptionnelle sur le capital. Ces personnes qui ont plus de chances, doivent certainement contribuer, pas de manière récurrente, mais peut-être en one-shot", lance-t-il.
"La gauche se populise de plus en plus"
Confronté aux propos de Paul Magnette, qui estime qu'on "réglerait déjà la moitié du déficit" en arrêtant de "gaspiller de l'argent" pour des mesures qui ne profitent qu'aux plus riches et pour l'armement, Ismaël Nuino déclare que "rien n'est plus faux".
"Aujourd'hui, on nous dit à chaque fois qu'on trouve de l'argent pour l'armement qu'on n'en trouve pas pour la sécurité sociale, les pensions et les soins de santé. C'est un mensonge que j'entends tous les jours au parlement de la part du PS, du PTB et de la gauche, qui se populise de plus en plus."
Interrogé sur les critiques des organisations syndicales en marge de la manifestation nationale du 14 octobre dernier, le député des Engagés en profite pour leur lancer un appel.
"Aidez-nous à mener ces réformes et, s'il vous plaît, regardez la réalité en face. On connaît la réalité budgétaire et ce pays a besoin de concertation, de confiance et qu'on puisse discuter."
