Nucléaire, mutuelles, salaires… Voici les embûches sur le parcours de l'Arizona
Le gouvernement fédéral a mené ses réformes au pas de charge depuis son installation, il y a un an. Mais quelques chantiers majeurs l'attendent encore pour la suite de la législature.

- Publié le 01-02-2026 à 08h01

On ne s'est pas ennuyé avec ce gouvernement De Wever – pour le meilleur ou pour le pire, c'est selon. En un an, il a réformé à tour de bras : chômage, marché du travail, Défense, fiscalité et parafiscalité, pensions, fonction publique, immigration… La plupart des grands chantiers repris dans l'accord de gouvernement ont été lancés, voire ont déjà atterri. Quelques dossiers à haut potentiel explosif restent toutefois en attente sur les bureaux des ministres et devraient rythmer la suite de la législature.
Dans le cadre de son budget pluriannuel conclu mi-novembre, la coalition Arizona a décidé de plafonner à deux reprises l'indexation des salaires (à partir de 4000 euros brut). Pour la suite, "nous demandons aux partenaires sociaux de préparer un avis sur la réforme de la loi sur les salaires et du système d'indexation automatique pour le 31/12/2026", lit-on dans l'accord de gouvernement. "Nous leur demandons d'examiner un nouveau point de référence [pour la fixation de l'indexation, NdlR] qui tienne compte d'une définition plus large des coûts salariaux et prenne également en considération le handicap [salarial] historiquement accumulé" par les entreprises belges par rapport à leurs concurrentes étrangères. On ne prend pas de risque à penser que les syndicats verront dans cette demande la volonté de la majorité de limiter l'effet de l'indexation automatique des salaires.
Les promesses du nucléaire
La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) demandait de son côté, en début de semaine, que les gouvernements du pays (fédéral, Régions et Communautés) accélèrent la mise en œuvre de décisions prises dans le cadre du processus "Make 2025-2030". L'objectif de cette plateforme de concertation "est la reconstruction de l'industrie et la poursuite du développement de l'économie circulaire dans notre pays".
"Make 2025-2030" porte une attention particulière à la réduction des coûts énergétiques, avec le ministre fédéral de l'Énergie, Mathieu Bihet (MR), à la manœuvre. Or ce dernier a fait l'objet de critiques, cette semaine, pour la lenteur avec laquelle il fait avancer ses dossiers, en particulier le développement de la filière nucléaire et de l'éolien offshore (en mer). "Le gouvernement lancera […] à court terme un programme ambitieux pour relancer l'industrie nucléaire en Belgique et construire de nouveaux réacteurs nucléaires", énonçait l'accord de majorité. "À très court terme, le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires à la prolongation des unités existantes répondant aux normes de sûreté." Pour l'instant, on ne voit pas grand-chose de concret arriver.
Le débat sur le rôle des mutualités n'est pas clos. L'accord de gouvernement prévoit en effet qu'un nouveau pacte sera élaboré avec elles.
Le secteur hospitalier est lui aussi en plein bouleversement. La réforme du paysage hospitalier (visant à définir quel établissement fait quoi sur quel territoire) devrait connaître une accélération dans les prochains mois. La réforme du financement des hôpitaux est, elle, attendue pour la fin 2027, de même que la réforme de la nomenclature, qui détermine le prix de chaque acte médical ou paramédical.
L'insoluble dossier du survol
Les mutualités ont, quant à elles, été bousculées en début d'année par le MR et la N-VA. Ces deux partis ont déclaré vouloir les taxer plus fortement et circonscrire leurs activités. Si, dans la majorité, Les Engagés, le CD & V et Vooruit, proches des mutuelles, mettront sans doute leur veto à ces velléités, l'accord de gouvernement prévoit qu'un "nouveau pacte avec les mutualités sera élaboré. Il comprendra un plan d'action visant à lutter contre les conflits d'intérêts et à créer des conditions de concurrence équitables entre les mutualités". Le débat sur leur avenir n'est donc pas clos.
Selon l'accord de gouvernement, l'équipe De Wever a également prévu de "revoir la législation actuelle sur l'avortement" ; de permettre "l'enregistrement non visible des informations relatives au genre et au sexe" sur les documents officiels ; de "mobiliser l'épargne pour financer des projets dans la transition durable" ; "de faciliter […] le déploiement potentiel de la 6G" (le réseau de communication sans fil de 6e génération) ; d'abaisser l'âge de l'obligation scolaire de 5 à 3 ans ; ou encore de trouver une solution à… l'insoluble problématique du survol aérien de Bruxelles. Tous ces dossiers provoqueront, à n'en pas douter, autant de remous à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Arizona.
