Voici la rémunération complète des parlementaires belges
Des mesures d'économies ont été prises dans chacune des assemblées législatives du pays, réduisant les indemnités des députés. Ceux-ci restent néanmoins très bien payés par rapport au reste de la population.




- Publié le 12-03-2026 à 06h42
- Mis à jour le 18-03-2026 à 13h56

La règle de départ est la même pour tout le monde, à l'exception des 25 députés germanophones. Le statut du parlementaire prévoit une indemnité de base de 9 463,87 euros brut par mois (à l'indice de mars 2025). Une cotisation de pension de 8,5 % est notamment retenue sur ce montant, avant le calcul de l'impôt. Le parlementaire touche en plus une indemnité forfaitaire pour frais exposés égale à 28 % de l'indemnité parlementaire, soit 2 649,88 euros par mois, net d'impôt. Le parlementaire ne doit rendre aucun justificatif pour toucher cette indemnité forfaitaire.
Avec le temps, les parlements ont réduit le train de vie des élus. Les indemnités de sortie ont été réformées, les droits à la pension également, tandis que des réductions ont été appliquées aux rémunérations. C'est la Chambre des représentants qui a ouvert la voie en 2012 en réduisant l'indemnité parlementaire de 5 %. Le Parlement flamand et le Parlement bruxellois ne se sont alignés qu'en 2025, pas le Parlement wallon.
Chaque assemblée accorde en outre une rétribution complémentaire aux élus exerçant une fonction spéciale, telle que président d'une commission parlementaire, chef d'un groupe politique ou membre du bureau (l'organe qui organise les travaux parlementaires). La Chambre a réduit ces indemnités complémentaires, la Flandre en prend le chemin, contrairement à la Wallonie et à Bruxelles.
Voici ce que gagnent aujourd'hui les parlementaires belges.
À la Chambre des représentants

Le Parlement fédéral se compose de deux assemblées : la Chambre des représentants et le Sénat. Le député fédéral, membre de la Chambre, perçoit une rémunération de base de 8 990,68 euros brut par mois (après la réduction de 5 % en vigueur depuis 2012) et une indemnité forfaitaire – non réduite – de 2 649,88 euros net par mois. Il perçoit en plus une série d'avantages (pécule, prime de fin d'année, train gratuit, assurances…).
La Chambre a par ailleurs réduit de 20 % la rémunération complémentaire du président de la Chambre, de 15 % celle des vice-présidents, et de 5 % celle des autres fonctions spéciales.
Le président de la Chambre, Peter De Roover (N-VA), perçoit une indemnité spéciale de 5 451,19 euros brut par mois et des frais forfaitaires ad hoc de 3 270,71 euros net par mois. Pour un vice-président, ces montants sont de 2 316,75 euros brut et 1 390,05 euros net.
Pour le chef d'un grand groupe politique (au moins 12 députés), ils sont de 2 589,31 euros brut et 1 553,59 euros net.
Pour un membre du bureau, ils sont, selon les cas, de 2 265,65 euros brut et 1 359,39 euros net, ou de 1 941,99 euros brut et 1 165,19 euros net. Ces derniers montants s'appliquent également au chef d'un petit groupe politique (moins de 12 députés). Enfin, le président d'une commission parlementaire a une indemnité mensuelle de 970,99 euros brut et des frais de 582,60 euros net.
Par mesure d'économie, la Chambre a décidé de ne pas indexer l'ensemble de ces montants durant la législature, jusqu'en 2029.
Au Sénat

Les 50 sénateurs issus des Régions et Communautés sont payés par leur assemblée d'origine. Les 10 sénateurs cooptés perçoivent, eux, une indemnité correspondant à la moitié de l'indemnité parlementaire (non réduite) de base, soit 4 731,93 euros brut par mois, plus des frais forfaitaires de 1 324,94 euros net.
Le membre du bureau (cela inclut les chefs de groupe) touche une indemnité spéciale de 742,23 euros brut et des frais de 445,34 euros net. Pour le président d'une commission sénatoriale, ces montants sont de 197,93 euros brut et 118,76 euros net.
Quant au président du Sénat, il perçoit un montant de 7 210,51 euros brut par mois, et des frais de 4 326,31 euros net. Le président actuel, Vincent Blondel (Les Engagés), touche en outre son salaire de député wallon.
Le Sénat a décidé de geler ces montants jusqu'à la fin de la législature.
Un sénateur non coopté peut également se faire rembourser ses frais informatiques sur présentation des factures jusqu'à 2 500 euros sur la législature, et jusqu'à 4 000 euros pour un sénateur coopté. Le sénateur coopté a aussi droit à un budget annuel de 1 243 euros pour ses frais de communication sur présentation des factures.
Au Parlement flamand

L'indemnité de base du député flamand s'élève à 8 990,68 euros brut par mois (après réduction de 5 % depuis 2025) et ses frais forfaitaires, à 2 649,88 euros net par mois.
Un gel des indemnités a été décidé jusqu'à la fin de la législature.
Les indemnités complémentaires pour fonctions spéciales vont, elles, être réformées. L'indemnité des membres du bureau sera réduite de 5 %. Pour la législature suivante, cette réduction passera à 20 %. Un système de pénalité sera en outre mis en place : en cas d'absence aux réunions du bureau, ses membres ne percevront plus l'intégralité de leur indemnité complémentaire. Un principe similaire est à l'étude pour les présidents de commission.
Enfin, la rémunération de la présidente, Freya Van den Bossche (Vooruit), sera réduite de 13 %. Et elle n'aura plus droit à un chauffeur. L'indemnité des chefs de groupe ne sera, par contre, pas modifiée.
Aux Parlements de Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Les 94 députés du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (ou Communauté française) sont payés par leur assemblée d'origine : le Parlement wallon ou le Parlement bruxellois. Les 75 députés wallons siègent d'office à la Fédé, à une exception près : si un député wallon est germanophone, il doit alors s'y faire remplacer par un suppléant francophone. Ce dernier sera payé par la Fédé.
Le député wallon touche l'indemnité parlementaire (non réduite) de 9 463,87 euros brut par mois et l'indemnité pour frais exposés de 2 649,88 euros net. Cette indemnité forfaitaire est payée à parts égales entre le Parlement wallon et le Parlement de la Fédé.
Le président du Parlement wallon, Willy Borsus (MR), touche une indemnité complémentaire de 6 308,95 euros brut par mois, et des frais forfaitaires ad hoc de 1 766,51 euros net.
Un membre du bureau, un chef de groupe ou un président de commission touche un traitement complémentaire de 908,47 euros brut par mois et des frais forfaitaires de 545,09 euros net par mois.
À la Fédération Wallonie-Bruxelles, présidée par Benoît Dispa (Les Engagés), les rémunérations sont les mêmes.
Ces montants ne seront pas indexés au cours de la législature.
Au Parlement de la Région bruxelloise

Un député régional bruxellois reçoit une rémunération de base de 8 990,68 euros brut par mois (après réduction de 5 % depuis 2025) et une indemnité forfaitaire de 2 649 euros net par mois.
Aucune indexation ne sera appliquée jusqu'à la fin de la législature.
À Bruxelles, les indemnités pour fonction spéciale pèsent au total 784 608 euros par an. L'indemnité complémentaire du président du Parlement bruxellois, Bertin Mampaka, s'élève à 7 239 euros brut, complétée de 2 027 euros net pour ses frais forfaitaires.
L'indemnité spéciale de la première vice-présidente est 3 619 euros brut, plus des frais forfaitaires de 1 013 euros net. Celle des trois vice-présidents est 1 389 euros brut, plus des frais de 389 euros net.
Au Parlement bruxellois, les 14 (!) chefs de groupe perçoivent une indemnité complémentaire de 1 389 euros brut par mois, plus des frais forfaitaires de 834 euros net.
Parmi ces 14 chefs de groupe, 8 sont néerlandophones. Pour constituer un groupe politique néerlandophone, il suffit d'un seul élu, alors qu'un groupe francophone doit en avoir 4 au moins.
Les 17 députés bruxellois néerlandophones bénéficient presque tous d'une fonction spéciale et d'une indemnité complémentaire par le biais du Parlement bruxellois ou de la VGC.
Les députés bruxellois ne bénéficient par contre d'aucun avantage lorsqu'ils président une commission parlementaire.
Enfin, le membre du bureau touche mensuellement 1 042 euros brut d'indemnité complémentaire, plus 291 euros net pour ses frais.
Au Parlement francophone bruxellois
Le Parlement de la Cocof (Commission communautaire française), chargée des compétences communautaires applicables aux francophones de Bruxelles, est une émanation francophone du Parlement bruxellois. Les 72 députés bruxellois francophones qui y siègent ne sont pas payés pour cela. Les fonctions spéciales, en revanche, sont rémunérées.
Le président du Parlement de la Cocof, Rudi Vervoort (PS), perçoit une rémunération de 3 620 euros brut par mois, ainsi que des frais forfaitaires de 1 013 euros net, en plus de la rémunération de député régional. Il bénéficie en outre d'un véhicule avec chauffeur.
Les trois vice-présidents reçoivent une indemnité de 681 euros brut par mois et un forfait de 191 euros. Pour les six chefs de groupe, ces montants sont de 681 euros brut et 408 euros net. Et pour les membres du bureau, ils sont de 511 euros brut et 144 euros net.
À l'assemblée néerlandophone bruxelloise
Les néerlandophones de Bruxelles bénéficient, par effet symétrique, de leur propre assemblée communautaire, la VGC (Vlaamse Gemeenschapscommissie). Seules les fonctions spéciales y sont rémunérées.
Le président de la VGC, Benjamin Dalle (CD & V), perçoit 3 411 euros brut par mois, plus un forfait de 955 euros net pour ses frais, en plus de sa rémunération de député régional.
Pour le vice-président de la VGC, ces montants sont de 654 euros brut et 183 euros net par mois. Pour les membres du bureau : 491 euros brut et 137 euros net. Et pour les chefs de groupes : 654 euros brut et 392 euros net.
Les 17 députés bruxellois néerlandophones bénéficient ainsi presque tous d'une fonction spéciale et d'une indemnité complémentaire par le biais du Parlement bruxellois ou de la VGC. "Suite aux aberrations de la loi spéciale, ils ont fini par avoir, en quelque sorte, un statut de super députés", glisse une source parlementaire.
Au Parlement germanophone

Les députés germanophones exercent leur mandat à titre accessoire, sauf la présidente de l'assemblée et la sénatrice germanophone, dont le port d'attache est le Parlement germanophone.
Les indemnités accordées aux parlementaires ont été réduites de 2,13 % en 2025. L'indemnité de base du parlementaire germanophone est de 853 euros brut par mois, majorée de 328 euros brut pour chaque mandat en tant que membre effectif d'une commission permanente.
Pour l'exercice d'une fonction spéciale (président de commission et chef d'un groupe politique), le député touche une indemnité de 328 euros brut par mois.
Le parlementaire reçoit aussi une indemnité non taxée pour ses frais, qui correspond à 44 % de son indemnité parlementaire totale.
La présidente du Parlement, Patricia Creutz-Vilvoye (CSP), touche une rémunération de 11 415 euros brut par mois, plus 3 621 euros net pour ses frais (outre un pécule de vacances et une prime de fin d'année qui a été réduite).
La sénatrice germanophone, Liesa Scholzen (MR – ProDG), perçoit une indemnité de 9 653 euros brut mois, et des frais forfaitaires correspondant à 28 % de cette indemnité, soit 2 702 euros net par mois (outre un pécule et une prime de fin d'année également réduite).
À noter que les députés s'exposent à une réduction de l'indemnité pour absence injustifiée à une séance plénière du Parlement (-523 euros), une commission (-262 euros) ou au bureau (-81 euros).