Symptômes, dangers, personnes à risque...: une infectiologue donne des précisions sur la variole du singe

Pour Charlotte Martin, il ne faut pas s'inquiéter face aux cas de variole du singe. Du moins pour l'instant.

Ce lundi, le centre européen de contrôle des maladies (ECDC) a fait état de 67 cas de varioles du singe à travers huit États membres de l'Union européenne. Elle a également appelé les États à rapidement réagir afin de stopper les contaminations le plus rapidement possible. D'autres pays en dehors de la zone européenne ont été touchés. C'est notamment le cas de l'Australie, du Canada ou des États-Unis.

Pour parler de cette situation dite "atypique" par l'OMS, Charlotte Martin, infectiologue au CHU Saint-Pierre à Bruxelles, était l'invitée de La Première. Rapidement, elle a tenu à rassurer la population. "Pour l'instant, l'immense majorité des cas décrits sont bénins", a-t-elle commencé. "Les patients ont des symptômes de fièvre, de malaises, de douleurs musculaires et une éruption cutanée caractéristique."

Est-elle dangereuse pour la santé et peut-elle provoquer la mort? "Non, la maladie ne dégénère pas à ce stade. Il n'y a donc pas de décès." Après la très longue période pandémique que l'on a connue, la population s'inquiète quelque peu de voir un nouveau virus se propager. Pour Charlotte Martin, il n'est pas question de s'inquiéter pour le moment. Pour la bonne et simple raison que cette maladie est déjà répertoriée et connue. "On sait qu'il existe deux formes de virus, et ici on est face au virus ouest-africain. À savoir celle qui est la moins dangereuse." Surtout, ces deux virus sont incomparables. "Nous ne sommes pas dans le même cas que le covid", ajoute-t-elle. "Ici on connaît un petit peu cette maladie, on ne démarre pas de zéro. Nous connaissons un vaccin et un traitement." Ce qui permet, par conséquent, de ne pas être pris de cours et de réagir dans l'urgence.

Attention aux personnes fragiles

Donc, la bonne nouvelle réside dans le fait que l'on ne nage pas dans l'inconnue. Cependant, il faut rester prudent dans certains cas. "Ce virus pourrait tout de même être plus sévère chez les personnes fragiles. C'est-à-dire les enfants, les immunodéprimés, les femmes enceintes et les personnes plus âgées." L'autre bonne nouvelle est que, pour le moment, les personnes infectées ne cochent pas ces différentes cases. "Pour l'instant, cette maladie concerne des jeunes en bonne santé. La maladie reste cependant contagieuse et on ne veut pas qu'elle se répande, justement pour qu'elle n'atteigne pas cette population vulnérable."

Comment faire pour éviter cette situation de contamination? "Les conseils sont assez simples", selon l'infectiologue. "La phase de contagion la plus élevée concerne le moment où il y a des éruptions cutanées. Lorsqu'elles apparaissent, il faut éviter tous les contacts. On évite donc de se serrer la main après avoir touché ces vésicules. Car cette maladie se transmet essentiellement par contact et frottements."

La période d'incubation est de 5 à 21 jours. En cas de contact où si vous ne vous sentez pas bien, consulter un médecin et une bonne distanciation de son entourage est un bon moyen pour stopper la propagation. Même s'il n'est pas interdit de sortir de la maison comme lors du confinement, il ne faut surtout pas avoir de contact proche.

Non, les personnes homosexuelles ne sont pas plus touchées par la variole du singe

Depuis l'arrivée de cette maladie, on constate que la communauté homosexuelle est touchée. Pour autant, Charlotte Martin est bien claire: la variole du singe ne se limite pas à cette partie de la population. "Cette maladie se transmet beaucoup par les relations sexuelles. Pour l'instant, on pense que cette maladie passe surtout par une filière d'irruption à partir des zones génitales. Ce qui signifie que c'est assez discret et que les gens ne voient pas. Du coup, nous pensons qu'elle se transmet essentiellement lors des rapports sexuels."

Qu'importe votre orientation sexuelle, tout le monde peut donc être touché. "Cette maladie n'est pas liée aux personnes homosexuelles. Elle est entrée dans une communauté et se transmet dans cette communauté. Ce virus est lié aux contacts proches. D'ici quelques jours, il pourrait y avoir des cas chez les personnes hétérosexuelles, si la maladie parvient à sortir de la communauté homosexuelle", a-t-elle précisé.