Le numéro 1733 quasi inaccessible durant le week-end de canicule : "On a sacrifié l'aide médicale non urgente, c'est honteux"
Le 112, pour les urgences, a été saturé d'appels : il en a reçu plus de 40 000 en trois jours.

- Publié le 30-06-2026 à 18h42
- Mis à jour le 30-06-2026 à 19h45

"Des patients ont été mis en danger." Durant le dernier week-end de canicule, le numéro d'appel 1733 pour l'aide médicale non urgente était presque inaccessible en raison de la saturation des services d'urgence.
"Le 1733 a fait défaut, s'insurge la Dre Catherine Claus, médecin coordinatrice des postes de garde de Charleroi. On s'est rendu compte de la situation quand les patients ont commencé à s'adresser directement aux postes de garde parce qu'ils ne recevaient pas de réponse au 1733. Il n'y a eu aucune anticipation du SPF Intérieur alors qu'on savait depuis une semaine qu'il y aurait la canicule."
Les opérateurs des centrales 112 prennent en charge les appels vers trois numéros : le 112 pour les urgences, le 1722 pour l'intervention non urgente des pompiers (ce numéro avait été activé en raison des intempéries annoncées), et le 1733 pour l'aide médicale non urgente la nuit et le week-end.
Plus d'une heure d'attente
Le problème, c'est que le 112 a été débordé en raison de la canicule : il a reçu 11 800 appels vendredi, 12 200 samedi, et 19 300 dimanche (43 300 en trois jours), "contre une moyenne habituelle d'environ 6 000 appels quotidiens", selon le cabinet du ministre de l'Intérieur, Bernard Quintin (MR).
"La mission première des centrales d'appel est le traitement des appels d'urgence au 112, qui bénéficient d'une priorité absolue afin de garantir une réponse rapide aux situations mettant des vies en danger", ajoute le cabinet. Cette priorité explique les délais d'attente très longs – "au minimum une heure", selon la Dre Claus – pour les appels au 1733.
"On a sacrifié le 1733, c'est honteux, s'emporte la généraliste. On ne soigne pas que des rhumes dans les postes de garde. Quelqu'un qui a une douleur à l'estomac peut avoir un problème cardiaque. On ne peut pas le faire attendre une heure pour rien !"
Du côté de l'Intérieur, on conteste tout manque d'anticipation et on assure avoir rappelé du personnel supplémentaire durant le week-end. Le SPF Santé publique précise pour sa part que, "dès que nous avons été informés de la situation, un message a été diffusé" à destination des postes de garde via un canal prévu à cet effet. Par contre, précise-t-il, "certains postes de garde ne sont pas inscrits" à ce canal de communication et peuvent dès lors ne pas avoir été correctement informés.
Un tri défaillant
Selon la Dre Catherine Claus, les ratés du 1733 sont monnaie courante. À l'instar d'autres collègues, elle dénonce un tri des patients défectueux, des opérateurs mal formés et en nombreux insuffisant.
"À la demande du ministre Quintin, une analyse visant à optimiser les centrales d'urgence est en cours, répond son cabinet. Dans ce cadre, le SPF Santé publique examine un autre modèle de traitement des appels au 1733 afin que ceux-ci soient traités indépendamment des appels d'urgence."
"Nous étudions différentes pistes pour améliorer la situation", confirme la Santé publique, sans en dire davantage à ce stade.