La taillerie Lieckens a marqué l'histoire de Nijlen
A Nijlen, en Campine anversoise, la taillerie Lieckens raconte près de huit décennies d'histoire diamantaire.

- Publié le 23-10-2026 à 13h49
- Mis à jour le 23-10-2026 à 13h57

Fondé en 1908, cet atelier familial a traversé deux guerres avant de fermer ses portes en 1985. Aujourd'hui restauré, il offre un témoignage rare d'un métier qui a longtemps fait la prospérité de la région.
C'est Petrus Lieckens qui fait construire l'atelier pour ses deux fils, War et Denis. Tous deux y mettent en pratique le savoir-faire acquis à Anvers. La Première Guerre mondiale endommage la toiture, après le bombardement d'un moulin voisin. Le toit en pente est finalement remplacé par un toit plat.
En 1929, l'arrivée de l'électricité à Nijlen marque une nouvelle étape : le moteur à gaz est remplacé par un moteur électrique. Pour le reste, l'atelier conserve son organisation et son allure d'origine. La maison s'est spécialisée dans la taille des diamants plats, un travail qui exige patience, précision et doigté.
Derrière les établis se dessine aussi une histoire de famille. Denis, décédé d'une maladie cardiaque en 1960, joue un rôle important au Conseil supérieur du diamant d'Anvers. Son frère War, qui habite juste à côté de l'atelier, trie et pèse les pierres avant de préparer le travail des tailleurs.
Un métier en voie de disparition
Après la Seconde Guerre mondiale, ses nièces Magnelle et Maria viennent lui prêter main-forte. À la mort de War, en 1973, son neveu Fons reprend l'entreprise. Mais l'activité finit par s'essouffler : en 1985, la taillerie ferme définitivement ses portes. Les machines s'arrêtent, laissant derrière elles les traces d'un savoir-faire qui a façonné l'identité de Nijlen.
L'histoire aurait pu s'arrêter là. En 2004, la commune rachète toutefois le bâtiment et les terrains environnants afin de préserver cet héritage. Les subsides nécessaires à sa restauration sont accordés en 2014. Le projet vise à préserver au maximum les lieux dans leur état d'origine : le bâtiment principal, les annexes et même les trois toilettes de l'atelier sont conservés.
Les petits sièges des tailleurs et les célèbres lampes vertes retrouvent eux aussi leur place. Ces détails, en apparence anodins, restituent l'atmosphère du lieu et rappellent que ce patrimoine ne se résume pas à des murs ou à des machines.