Olivier Bastin, Bouwmeester à Bruxelles, expose son bilan

PendanPendant cinq ans, Olivier Bastin a été le premier Bouwmeester de Bruxelles, on l’appelle le "bMa" (bouw Maître architecte). Une exposition très instructive fait le bilan remarquable de son action et elle est accompagnée d’un riche livre.

Olivier Bastin, Bouwmeester à Bruxelles, expose son bilan
Guy Duplat

Pendant cinq ans, Olivier Bastin a été le premier Bouwmeester de Bruxelles, on l’appelle le "bMa" (bouw Maître architecte). Son mandat se termine le 20 novembre et le gouvernement bruxellois devra choisir entre six candidats dont Philémon Wachtelaer, Kristiaan Borret (ex-Bouwmeester d’Anvers) et Martine De Maeseneer. Une exposition très instructive fait le bilan remarquable de son action et elle est accompagnée d’un riche livre.

L’expo se tient dans l’ancienne salle des guichets du siège de BNP Paribas Fortis due à Jules Wabbes : un signal. Le Bouwmeester ne doit pas nécessairement s’impliquer dans des dossiers privés, mais, ici, la banque a fait appel à lui pour organiser le concours de son nouveau siège qui sera construit à côté de Bozar.

En entrant en fonction, Olivier Bastin a accepté de quitter provisoirement son bureau L’Escaut. Il l’a fait car " il y avait urgence en regard de 20 ans de procédures peu claires et de mauvaise qualité en Région bruxelloise, dit-il. Nous souhaitions aussi élaborer une véritable culture architecturale en Région bruxelloise. Trop de jugements sur des projets déposés semblaient uniquement fondés sur le goût et le bon vouloir des fonctionnaires intervenant dans la procédure de permis d’urbanisme. Je conçois le rôle d’un maître architecte comme celui d’instaurer une nouvelle culture architecturale et de la nourrir."

Plus en Flandre

Cette fonction capitale pour l’avenir d’une ville, il a dû se battre pour l’incarner, la construire : payé moins que son homologue flamand, réclamant une cellule de dix personnes mais n’en obtenant que six, etc. " Certaines administrations n’ont toujours pas compris notre rôle. Les blocages financiers que nous avons vécus sont dus à une profonde incompréhension, non pas du politique mais bien de ceux qui sont censés traduire sa vision en actions. "

En cinq ans, il a traité 230 dossiers et 180 projets aussi emblématiques parfois que la prison de Haren, une chapelle à Etterbeek et le crématorium d’Evere. Et il a connu un échec à la fin avec l’arrêt "scandaleux" du beau projet de Xaveer De Geyter pour le rond-point Schuman. Si le début fut difficile, "peu à peu, on a compris".

Olivier Bastin fut un homme de dialogue et de pensées ("a man of thoughts"). " Ce fut un combat permanent dans les procédures de dialogue, mais hélas, une fois qu’il avait un échec, les portes se referment très vite (...) On m’a demandé si je voulais rempiler, mais c’est trop dur."

L’expo évoque par des films, des témoignages, des plans, des objets personnels, le rôle d’un Bouwmeester. Il s’étonne quand, alors qu’il y avait des procédures en cours, on décide sans son avis de mettre le futur musée au Citroën. "Quelle concertation et quelle transparence pour de tels projets à Bruxelles ?", se demande-t-il.

Tous les architectes sont pour un Bouwmeester. Pourtant la Flandre a décidé de supprimer le sien. " Hélas, c’est typique des pratiques de gouvernements très à droite : on supprime les postes intellectuels." Et, en Wallonie, où il en faudrait un de toute urgence, on ne parvient pas à s’entendre sur un nom.




"bMa, Man of Thoughts", à l’ex-siège de BNP Paribas Fortis, tous les jours de 12 h à 19 h, jusqu’au 25 septembre.

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