À la Biennale d'Enghien, déambuler dans un Mondrian
Sixième Biennale d'art contemporain dans le parc du château sur le thème "Tenir debout".

- Publié le 06-09-2026 à 18h04
- Mis à jour le 09-09-2026 à 10h44

La sixième Biennale d'art contemporain du parc d'Enghien a débuté le week-end du 5 septembre et ne dure que jusqu'au 20 septembre (ouvert tous les jours de 14h à 18h). Le choix des artistes a été à nouveau réalisé par Christophe Veys, directeur du Centre de la gravure à La Louvière et l'artiste Myriam Louyest.
Quel plaisir de redécouvrir cet immense parc implanté au cœur de la ville, si vaste qu'on doit le laisser en partie quasi sauvage avec ses étangs endormis où on joua Le maître de musique, ses grands cèdres, sa roseraie, les deux pavillons chinois, le pavillon des Sept Étoiles, en forme d'heptagone au milieu d'un bassin, lieu riche de références maçonniques. C'est là aussi que se tient depuis 2015 le festival Lasemo.
Ce parc des Aremberg repris ensuite par la famille Empain, appartient à la ville depuis 1986.
Le thème de cette année est Tenir debout et le très bel écrivain Antoine Wauters a écrit un texte pour l'occasion. On y lit cette injonction : "Apprends à être au monde sans vouloir à tout prix te manifester, je veux dire, bâtis moins en dur que dans la matière du songe, nourris-toi de ce qui prend le moins de place et de ce qui fait le moins de bruit, et crée quelque chose de neuf avec ça, par exemple, la possibilité d'un rapport doux à ce qui t'entoure."

Au gré de la promenade, voilà quelques pièces parmi d'autres. Dans les anciennes écuries, on découvre l'architecture in situ de l'artiste néerlandais Krijn De Koning très demandé pour ses œuvres dans l'espace public. Il a conçu cette vaste structure spécialement pour le lieu, très colorée dans laquelle on déambule au milieu des couleurs comme dans un Mondrian, avec la joie de découvrir de nouveaux points de vue.
Un "attrape-rêves"
On débouche sur les œuvres encyclopédiques, comme des jeux infinis, quasi psychédéliques de Michel Goyon.
Au fond de la salle, une grande tapisserie pleine d'ironie du britannique Grayson Perry qui résonne avec le château d'Enghien et s'intitule "La noblesse aux abois".

À l'entrée du parcours, ne ratez pas un film très émouvant de Valérie Mréjen, à l'écoute d'enfants de la banlieue de Sarcelles qui évoquent leur vie, leurs espoirs, leurs rêves.

Dans la cave, les peintures figuratives entre hyperréalisme et surréalisme de Marie Rosen et un film de Cristina Mejias où on voit ses mains aider celles d'une très vieille dame en train de dessiner. On retrouve un de ses films tout en haut de la tour de la chapelle castrale.

Dans celle-ci, trois sculptures de Sofie Muller dont le petit Oscar au corps incomplet en bois brûlé et une souche d'arbre devenue pied !

Remy Hans hante les bois avec une cabane blanche immaculée sur les murs de laquelle il a dessiné délicatement les contours des plantes qui y grimpent.
Au pavillon des sept étoiles, Benoît Jacquemin a accroché un grand "attrape-rêves" de bonze poli inspiré des chasseurs de rêves chez les Indiens d'Amérique. Hélas, peu de jours après l'ouvrture, l'oeuvre é été vandalsiée et a dû être retriée.
Avec aussi dans le parcours, les architectures de terre cuite aussi précises que minuscules de Frédéric Biesmans, Elise Peroi et ses fins tissages dans les pavillons chinois et John Van Oers qui bâtit toute une ville en miniature st poésie.
Biennale d'Enghien, jusqu'au 20 septembre, tous les jours de 14h à 18h, Enghien, avenue Elisabeth, entrée gratuite.