Netflix rate complètement son adaptation en live de Nicky Larson
Disponible en streaming sur Netflix depuis ce jeudi 25 avril, la nouvelle version du personnage culte du "Club Dorothée" est un grand moment de "gênance", comme disent les jeunes…

- Publié le 25-04-2024 à 09h59
- Mis à jour le 25-04-2024 à 11h11

Le passage de la bande dessinée ou de l'animation au "live" est toujours très délicat. On ne compte plus ceux qui s'y sont cassé les dents… La nouvelle version de Nicky Larson, mise en ligne sur Netflix ce 25 avril, n'échappe pas à la règle. Elle en est même une parfaite illustration…
Ce n'est pas la première fois que Nicky Larson se voit interpréter par un acteur en chair et en os. Jackie Chan s'y était essayé en 1992, tout comme Philippe Lacheau dans l'inclassable Nicky Larson et le parfum de Cupidon en 2018. Devant et derrière la caméra, le nouveau roi de la comédie française se faisait plaisir avec une comédie grivoise assez fidèle au personnage original.

Une adaptation ratée
Dans ce nouveau film japonais produit par Netflix, Yûichi Satô a, lui aussi, voulu rester au plus proche du matériau originel, le manga dessiné par Tsukasa Hôjô entre 1985 et 1991, puis porté au petit écran dans un célèbre animé qui fit les beaux jours du Club Dorothée de 1990 à 1995. C'est d'ailleurs à ce dessin animé que le personnage de Ryô Saeba (le City Hunter) doit son nom en français, repris en VF dans cette nouvelle adaptation.
Comment rendre contemporain un personnage aussi obsédé sexuel que Nicky Larson ? L'équation est quasiment impossible à résoudre. Le réalisateur a donc choisi de laisser intact ce trait de personnalité du détective privé tokyoïte. Il a ainsi conservé le terme japonais de "mokkori" (euphémisme pour érection, traduit par "banane" en français), tandis que les yeux du détective traînent toujours autant sur les décolletés et les jambes de toutes les femmes qui passent… Même s'il a été édulcoré, ce sexisme revendiqué est assez bizarre à voir aujourd'hui. Mais ce n'est pas là que le bât blesse le plus.

Mauvais goût à tous les étages
Ayant pris sous son aile Laura/Kaori Makimura (Misato Morita), la sœur de son meilleur ami mort sous leurs yeux, Nicky Larson/Ryo Saeba (Ryohei Suzuki) doit enquêter contre une étrange épidémie qui transforme des SDF en superhéros surpuissants et destructeurs… Passé le scénario totalement stupide, reste une mise en scène de film d'action de seconde zone, des acteurs surjouant façon séries nippones ou coréennes — vu dans Notre petite sœur de Kore-eda, Ryohei Suzuki est exécrable dans le rôle-titre — , une musique agaçante tout droit sortie d'un jeu vidéo 16 bits de la Super Nintendo et un mauvais goût permanent. Blagues qui tombent à plat, couleurs criardes, ralentis façon manga… Rien ne nous est épargné dans ce film pathétique, qui tente à tout prix de coller à l'esthétique des animés. Lesquels, dans ce registre, feront toujours mieux.
Mais qu'à cela ne tienne. Ce n'est pas la qualité qui compte, mais de surfer sur l'engouement pour les mangas. Les nouvelles adaptations de héros cultes se multiplient en effet… Après One Piece, Avatar, le Dernier Maître de l'air ou ce Nicky Larson, est déjà annoncée une version "live" de Cat's Eyes, une autre série à succès tirée d'un manga de Tsukasa Hôjô dans la fin des années 1980… À l'affiche de cette production TF1-Amazon Prime, on retrouvera Constance Labbé, Camille Lou et Claire Romain dans les rôles de trois soeurs voleuses d'art: Tamara, Alexia et Sylvia.


Nicky Larson/City Hunter Comédie De Yûichi Satô Scénario Tatsuro Mishima (d'après le manga de Tsukasa Hôjô) Musique Yoshihide Ôtomo Montage Takuya Taguchi Avec Ryohei Suzuki, Misato Morita, Masanobu Andô, Ayame Misaki… Durée 1h42