Martha Jane trouve sa vie aussi barbante et étriquée que les longues jupes que tout le monde la force à porter. Plutôt que de couper du bois ou aller chercher de l’eau, elle préférerait conduire le chariot, s’occuper des chevaux et jouer du lasso. Goûter, comme les autres, à la liberté qu’offrent les grands espaces de l’Ouest sauvage auxquels leur groupe de pionniers est confronté. D’autant que la vie au sein du convoi est loin d’être toujours drôle ou confortable. Sans compter que les garçons qui s’occupent du bétail ne cessent de se moquer d’elle et la renvoient tout le temps à son statut de soi-disant "pleurnicheuse".

Les premiers pas d’une pionnière

Un événement va tout changer. L’accident qui force son papa à rester alité va permettre à Martha Jane de montrer à tous de quoi elle est capable car être une fille ne l’empêche pas de savoir se débrouiller, bien au contraire... Mais à force d’exploits, l’attitude réfractaire et l’insolence de Martha créent la jalousie chez les autres enfants. Si bien que lorsque Samson, son protecteur disparaît, en même temps qu’un certain nombre d’objets de valeur, Martha est accusée d’être sa complice.

Il y a un savant mélange de Tom Sawyer, d’Heidi et de Yakari dans la vie et les aventures de cette jeune Calamity, alias Martha Jane Cannary, que beaucoup d’adultes du convoi aimeraient voir rester à sa place. Grâce à son courage, sa détermination et sa volonté de se dépasser, la fillette de 11 ans à peine acquiert peu à peu les réflexes et les connaissances des meilleurs trappeurs, préfigurant l’audace et l’indépendance dont elle fera preuve tout au long de sa vie sous le surnom de Calamity Jane.

Avec la voix d’Alexandra Lamy

Le réalisateur Rémi Chayé s’est associé avec Sandra Tosello et Fabrice de Costil pour l’écriture de cette "enfance du mythe". Une histoire d’autant plus inspirante qu’elle se déroule sur fond de paysages grandioses.

Alexandra Lamy prête sa voix à Madame Moustache, l’une des rencontres clé qui a jalonné le parcours de la future Calamity Jane. Tandis que la jeune Salomé Boulven prête son enthousiasme à ce personnage plein de fougue, bien décidé à s’imposer dans un monde d’hommes, à sa manière et sans renoncer à sa part de féminité.

Dans le type d’animation utilisée, les parents reconnaîtront peut-être cette patte (visages ronds, traits dessinés sobrement sans contours ni détails excessifs) qui a marqué une partie de leur enfance. Et qui a fait le succès, plus récemment, de Rémi Chayé avec son film Tout en haut du monde. À une nuance près : l’utilisation de grands aplats de couleurs renvoie plus au fauvisme ou à la peinture impressionniste qu’à l’animation traditionnelle. Ils offrent une belle profondeur de champ, une immersion totale dans le décor et de la matière à l’œil à travers les roches, la rivière, les sous-bois,… Des choix définis par Patrice Suau qui œuvre à la direction couleur et alloue au film ce format panoramique auquel renvoie d’emblée le far-west.

Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary Animation-Aventure De Rémi Chayé Durée 1h22.

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