"Sing sing" : Colman Domingo, nommé aux Oscars pour son rôle de fan de Shakespeare derrière les barreaux
L'acteur Colman Domingo est formidable dans le nouveau film de Greg Kwedar, interprété par d'anciens détenus, tous membres de l'atelier théâtral de la prison.

- Publié le 05-02-2025 à 15h41

Incarcéré à tort dans la prison de Sing Sing à New York, Divine G (Colman Domingo) trouve un nouveau sens et offre une nouvelle dimension à sa vie en rejoignant l'atelier théâtral qui y est organisé. Pour Divine G, le théâtre n'est pas seulement une activité qui lui offre un objectif et l'aide à se projeter vers l'avenir, c'est son oxygène, sa raison de vivre, la passion qui lui permet de survivre et rend son quotidien un peu moins cruel et insupportable. Comment habiter ces longues journées toutes semblables si ce n'est en leur redonnant de la densité et du sens ?
Le film met en lumière l'iniquité du système judiciaire américain et les disparités de traitement jusqu'au sein des prisons où les détenus sont majoritairement noirs et latinos.

La force du long métrage de Greg Kwedar (Transpecos) tient à ses interprètes, tous formidables, et à sa thématique d'une profonde humanité. Tirée de faits réels, cette histoire inspirante explore les notions de résilience, de fraternité mais aussi la puissance "transformative" de l'art. Le tout porté par une distribution formidable d'anciens prisonniers, jouant leurs propres rôles, aux côtés du comédien Colman Domingo (Selma), impérial et d'une vibrante sensibilité.
Colman Domingo nommé aux Oscars
Grâce à son impressionnante stature et à sa magnifique prestation vocale, Colman Domingo (Bayard Rustin) brille une nouvelle fois dans un rôle puissant, celui d'un homme qui, en raison de sa prestance et de son éloquence, devient le pivot de l'atelier théâtral. Généreux et attentif aux autres, Divine G rend ce lieu de privation plus vivable et plus humain, conseillant même ses codétenus dans leurs démarches vis-à-vis de la justice et de la direction de la prison. Ce rôle vaut d'ailleurs à l'acteur une nouvelle nomination aux Oscars.
En découvrant Sing Sing, on songe forcément au film d'Emmanuel Courcol, Un triomphe (2021) si ce n'est qu'ici les prisonniers sont vraiment au premier plan. Là où le film français tournait principalement autour du personnage joué par Kad Merad, acteur et animateur de l'atelier. Quant à la musique, elle tient également un rôle central dans le récit produit aux Etats-Unis.
En organisant la rencontre entre l'œuvre de Shakespeare et celle de Toni Morrison, chantre inoubliable de l'émancipation et de l'affirmation de soi, le film fait résonner l'idée de rédemption bien au-delà des portes du pénitencier.
En septembre dernier, nous regrettions que Sing Sing, film porteur d'un récit aux résonances fortes, interprété par des acteurs vibrants, ne figure pas au palmarès du 50e Festival de Deauville. Heureusement, les distributeurs ont apprécié la profondeur de ce long métrage et ont décidé de la partager avec le plus grand nombre.
★★★ Sing Sing Ode à l'émancipation De Greg Kwedar Scénario Greg Kwedar et Clint Bentley Avec Colman Domingo, Clarence Maclin, Sean San Jose Durée 1h47