"By Any Means" : une suite de "Mississippi Burning"
En 1961, accompagné d'un tueur de la mafia, un agent noir du FBI mène l'enquête contre le Ku Klux Klan. Dans un polar historique soigné porté par Mark Wahlberg et Yahya Abdul-Mateen II.

- Publié le 02-09-2026 à 11h19

Le 10 janvier 1966 à Hattiesburg, la maison de Vernon Dahmer (Giancarlo Esposito) est prise pour cible par un commando du Ku Klux Klan. Commerçant aisé et président du comité local de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), celui-ci incitait les noirs à aller voter, en payant lui-même la taxe électorale des plus pauvres. Voilà qui ne plaît pas du tout aux suprémacistes blancs, nostalgique de l'esclavage et de la ségrégation.
Alors que, dans ce Mississippi arriéré, le FBI peine à recueillir des informations tant du côté des blancs que des noirs, il décide de laisser sa chance à Wayne Strider (Yahya Abdul-Mateen II), un agent noir de Chicago rentré dans sa ville natale avec sa jeune épouse (Nicole Beharie). Pour l'aider dans son enquête, le Bureau fait appel à Gregory Scarpa (Mark Wahlberg), un tueur de la mafia new-yorkaise et indic. Ce dernier a carte blanche dans les moyens à utiliser…
Par tous les moyens
By Any Means (littéralement "par tous les moyens") s'ouvre en prétendant se baser sur des faits réels. Ceux-ci paraissent cependant assez flous, même si Dahmer et Scarpa sont des personnages historiques. Reste que, dans son deuxième film (après l'autobiographique The Inspection, sur l'homophobie dans l'armée américaine en 2022), Elegance Bratton nous replonge de façon efficace dans le Sud poisseux des années 1960. Le cinéaste afro-américain y décrit, froidement, le racisme décomplexé, mais aussi la peur dans laquelle vivait la population noire. Quand bien même on est soi-même porteur d'un badge du FBI…
Le film s'inscrit clairement dans la lignée de Mississippi Burning en 1988. Il pourrait même en être la suite, s'ouvrant sur l'affaire de la disparition de trois militants des droits civiques en 1964 sur laquelle enquêtaient Gene Hackman et Willem Dafoe dans le classique d'Alan Parker. Bratton reprend d'ailleurs quasi la même dynamique du good cop-bad cop pour interroger : jusqu'où peut-on aller au nom d'une cause juste. Et ce en compagnie de deux comédiens solides, dont un Mark Wahlberg (coproducteur du film) retrouvant un rôle de gros dur, mais avec un peu plus de profondeur.


By Any Means
Polar De Elegance Bratton Scénario Sascha Penn Photographie Ante Cheng Musique Terrence Blanchard Avec Mark Wahlberg, Yahya Abdul-Mateen II, Nicole Beharie, Giancarlo Esposito… Durée 1h47