Cinéma Gerard Butler et Gary Oldman dans un clip de propagande de l’US Army.

Cela fait une semaine que l’USS Tempa Bay, sous-marin de la classe Hunter Killer, colle aux fesses d’un sous-marin russe déployé en mer de Barents. Quand une explosion soudaine détruit ce dernier, l’USS Tempa Bay est à son tour coulé par une torpille. L’état-major américain décide alors d’envoyer sur place l’USS Arkansas, un autre Hunter Killer basé en Ecosse, pour enquêter sur cet incident. On bombarde à sa tête le capitaine Joe Glass (Gerard Butler), qui a passé toute sa vie sous la mer.

Pour le seconder au sol, une escouade d’élite des Navy Seals est parachutée en terre russe. Quand on finit par comprendre que le président russe a été victime d’un coup d’Etat militaire mené par son ministre de la Défense, tous travaillent main dans la main pour éviter une troisième guerre mondiale, sous la supervision du chef d’état-major Donnegan (Gary Oldman). Les Américains reçoivent même l’aide du capitaine de sous-marin russe Andropov (le Suédois Michael Nyqvist, dans son dernier rôle), secouru par son homologue américain…


C’est fou comme il plane à nouveau à Hollywood un parfum de Guerre froide. Après des années à combattre les terroristes et autres islamistes sur le sol américain ou au Moyen-Orient, les héros hollywoodiens ont retrouvé leurs ennemis préférés : les grands méchants russes. Une évolution cinématographique qui fait évidemment écho au durcissement des relations entre la Russie et l’Occident depuis quelques années.

Hunter Killer joue à fond sur cette fibre patriotique américaine et ce au premier degré le plus radical ! Face à la stupidité du scénario, on a vraiment l’impression de replonger dans le cinéma d’action américain bas de plafond des années 80. Et si le décor a changé - les sous-marins sont par exemple devenus ultra-technologiques -, les enjeux sont toujours les mêmes et sans aucune complexité. On est bien loin, par exemple, du génial Das Boot de Wolfgang Petersen en 1981.

Rien d’étonnant de la part des producteurs de La chute de la Maison-Blanche et de La chute de Londres , thrillers d’action bien bourrins déjà emmenés par Gerard Butler. Ils ont cette fois confié la réalisation à Donovan Marsh, tâcheron inconnu qui remplit parfaitement le cahier des charges dans cette ode aux GI Joe’s de l’US Army. Laquelle a d’ailleurs facilité la production de cet interminable clip publicitaire. Ne manque que le slogan à la fin : "Engagez-vous !"

Réalisation : Donovan Marsh. Scénario : Arne Schmidt et Jamie Moss (d’après le roman "Firing Point" de George Wallace Don Keith). Musique : Trevor Morris. Avec Gerard Butler, Gary Oldman, Michael Nyqvist, Linda Cardellini… 2 h 01.

© IPM