Une publication partagée par Georges-Louis Bouchez crée la polémique : "Grave et totalement inadmissible", s'insurge la RTBF
La chaîne publique a diffusé un communiqué ce lundi matin pour réagir à une polémique née ce week-end.
- Publié le 23-02-2026 à 09h12
- Mis à jour le 23-02-2026 à 13h43

Ce week-end, une polémique est née suite à des partages que Georges-Louis Bouchez aurait fait sur Twitter. D'après des captures d'écran, le président du MR aurait retweeté une publication qui décrit les journalistes de la chaîne publique de "fonctionnaires-militants-gestapistes".
Interrogé sur la question par nos collègues de la DH, Georges-Louis Bouchez assure ne pas avoir retweeté ce message, mais une autre publication critique à l'égard du traitement de l'information de la RTBF. Pour le président du MR, il y aurait eu un malheureux amalgame lié à la chaîne de partages.
Des réactions critiques
Toujours est-il que les critiques n'ont pas tardé à fuser. Christie Morreale, cheffe de file PS au Parlement wallon, avait déjà réagi ce week-end, qualifiant ce comportement d'" inacceptable".
Ce lundi matin, c'est la RTBF qui a communiqué. La chaîne publique "s'insurge contre les propos injurieux, outranciers et inacceptables dirigés contre ses équipes".
"Assimiler l'ensemble de son personnel à la Gestapo constitue une injure grave et totalement inadmissible. De tels propos écrits, diffusés et rediffusés sur les réseaux sociaux sont inacceptables pour la RTBF, sa direction et son personnel", indique encore la chaîne publique.
La RTBF ajoute : "Dans une démocratie, la confrontation d'idées, même radicalement opposées, est légitime et nécessaire. Elle nourrit le pluralisme et renforce le débat public. mais lorsque les mots mobilisent des références historiques liées à aux crimes du régime nazi pour banaliser la haine et la violence, il ne s'agit plus d'un désaccord : il s'agit d'une attaque contre les valeurs démocratiques mêmes qui fondent notre société."
L'AJP et la SDJ de la RTBF se tournent vers le Conseil de l'Europe
À la suite d'une nouvelle attaque "outrancière" dans laquelle les équipes de la RTBF sont comparées à la Gestapo, l'Association des Journalistes professionnels (AJP) et la Société des journalistes de la RTBF (SDJ-RTBF) ont chargé la Fédération européenne des Journalistes (FEJ) de signaler ces faits graves sur la plateforme pour la sécurité des journalistes du Conseil de l'Europe, annoncent-elles lundi dans un communiqué commun.
L'affaire crée un véritable tollé. Plusieurs captures d'écran montrent que le compte X du président du MR, Georges-Louis Bouchez, a partagé une publication assimilant les journalistes de la RTBF à des "fonctionnaires-militants-gestapistes". Le message appelle également au définancement du service public.
"Ces propos sont indécents et inacceptables. Ils constituent une attaque outrancière de plus à l'égard des équipes de la RTBF. Ils sont indignes d'un parti démocratique", réagissent lundi l'AJP et la SDJ-RTBF.
Dans un communiqué distinct, le service public parle, lui, d'une "attaque à la démocratie" et annonce que "toutes les mesures nécessaires seront prises".
De son côté, Georges-Louis Bouchez affirme auprès de la Dernière Heure n'avoir jamais retweeté ce message.
"M. Bouchez ment", réplique Ricardo Gutiérrez, le secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes, sur sa page Facebook. "Je dispose de plusieurs copies d'écran de son fil sur X (...) qui prouvent qu'il a bel et bien reposté ce tweet nauséabond. (...) Nous sommes des dizaines à avoir la preuve qu'il ment", souligne-t-il.
Aux yeux du secrétaire général de la FEJ, il ne s'agit pas d'un dérapage, mais d'une "politique réfléchie et assumée du président du MR". "Depuis plus de cinq ans, M. Bouchez retweete très régulièrement des messages haineux, discriminatoires et anti-démocratiques des figures de la twittosphère d'extrême droite", fait-il remarquer.
Georges-Louis Bouchez n'en est pas à sa première attaque contre la RTBF. Lors d'une conférence à Walhain en janvier dernier, le président des libéraux avait notamment estimé que l'université libre de Bruxelles (ULB) formait avec le PS et la RTBF un "triangle des Bermudes" idéologique. L'été dernier, il avait par ailleurs fait pression sur une journaliste et évoqué la possibilité de boycotter la rédaction de la RTBF après un article relatif à l'usage indu d'une carte PMR sur un véhicule du parti.

