La semaine dernière, je vous avais présenté les parties diffusées au cours des deux premiers épisodes de la série The Queen's Gambit. Voici donc la suite.

3e épisode - les pions doublés

Je n’ai pas reconnu la finale que notre championne remporte avec les pièces noires à l’open de Cincinnati, mais sa seconde victoire est extraite de la pratique réelle :

© DR

Ici Korchnoi a pris le pion h7, pour capturer ensuite la Tour adverse, forçant ainsi Uhlmann à l’abandon (Mémorial Capablanca 1963) Or à l’écran le jeu se poursuit par 32. De4 Fg6 33. Dxe5 Txb2 34. Dxe6… Je l’imagine, pour coller à la réplique des frères jumeaux, Mike et Matt, que l’on entend peu après.

Vers la fin du feuilleton, "Beth" s’incline devant Benny Watts à l’open de Las Vegas. La rencontre commence sur une défense sicilienne, variante Najdorf, mais la conclusion n’y correspond malheureusement pas car le pion échangé à d4 se trouve désormais en d2…

4e épisode - le milieu de jeu

Toutes les positions du Tournoi de Mexico proviennent de parties célèbres à une exception près. On y aperçoit notamment : Fischer - Larsen, l’une des "60 Memorable games" de l’Américain, remportée à l’interzonal de Portoroz en 1958 (elle y pousse cependant 29. d7, au lieu de prendre d’abord la Tf6). Kasparov - van Wely, Wijk aan Zee 2000, où les Blancs qui venaient de gagner via 25. Te7, donnent un échec supplémentaire de la Dame en f7. Les deux derniers coups de la victoire de Gary Kasparov sur Viswanathan Anand, au Tournoi des géants (Francfort 1999). Bernstein-Capablanca, Moscou 1914 (après 19. bxc4). Jakovenko-Stellwagen, 2007, une partie oubliée, achevée sur un partage, mais que l’héroïne rend très instructive en remplaçant le quarantième coup des blancs Txb7 par le brillant 40. h5 !! (scellé sous enveloppe, contre Georgi Girev) Et finalement Stein-Matanovic, Erevan 1965, qui dépeint sa première défaite contre "Borgov"

5e épisode - fourchette

Les parties du match éclair qu’elle perd contre Benny Watts sont toutes connues. Dans l’ordre d’apparition : Nikolic-Ivanchuk, Moscou 1995 ; Kramnik-Morozevich, Mexico 2007 ; Baramidze-Graf, championnat d’Allemagne 2005 et Amonatov-Wojtaszek, Moscou 2005 :

Blancs : Watts

Noirs : Harmon

1. e4 c5 2. Cf3 d6 3. d4 cxd4 4. Cxd4 Cf6 5. Cc3 Cc6 6. Fc4 e6 7. Fe3 Fe7 8. De2 a6 9. 0 - 0 - 0 Dc7 10. Thg1 0 - 0 11. g4 Cd7 12. g5 b5 13. Cd5 Cxd4 14. Cxe7 + Rh8 15. Fxd4 Dxc4 16. Fxg7 + Rxg7 17. Dh5 Dxe4 18. Dh6 + Rh8 19. g6 C’est ici que Wojtaszek avait déposé les armes… 19… fxg6 20. Txg6 Df4 + 21. Dxf4 Txf4 22. Tg8 Echec et mat.

6e épisode - ajournement

L’erreur trouvée dans le livre de Reuben Fine, provient de la partie Reshevsky-Stahlberg, jouée lors des Olympiades à Helsinki, en 1952. Les Blancs y avaient effectivement raté le gain via 33. Dxa7 (au lieu de l’échec en e6).

Le mat en trois coups que présente Arthur Levertov est un problème composé par le Canadien William Atkinson, en 1890 (cf. "Canadian Chess Problems" p. 17 n° XV). Viennent ensuite les parties rapides face au trio Wexler, Levertov et Watts.

Dans la première série, nous avons F. Olafsson - Tal, Mémorial Alekhine, Moscou 1971, avec l’une des plus grosses gaffes du "magicien de Riga" ; Kasparov-Kramnik, Novgorod 1994 et Kasparov-van Wely, Wijk aan Zee 2000 (commentée dans "La Libre" du 22 janvier 2000 !)

Seconde série : Furman-Vaganian, Championnat d’URSS, Tbilissi 1973 ; Gheorghiu-Kavalek, Las Palmas 1973 et Balashov-Tukmakov, Vilnius 1975.

La Troisième série ne nous montre que "la miniature de l’opéra" réalisée par Paul Morphy, durant une représentation du "Barbier de Séville", face au duc de Brunswick, allié au comte Isouard, à Paris, en 1858.

Je terminerai ce compte-rendu la semaine prochaine avec les parties du grand prix de Paris et du septième et dernier épisode.