La comédienne Anne Chappuis s’est éteinte à 77 ans

Grande figure de nos scènes, qu'elle arpentait depuis le début des années 70 et qu'elle quitta il y a une quinzaine d'années, elle laisse derrière elle la trace lumineuse et grave d'une artiste sincère.

Anne Chappuis mise en scène par Philippe Sireuil dans “Nous les héros” de Jean-Luc Lagarce, en 2000 au Varia.
Anne Chappuis mise en scène par Philippe Sireuil dans “Nous les héros” de Jean-Luc Lagarce, en 2000 au Varia. ©Danièle Pierre

Suisse d’origine, née le 11 décembre 1944 à Morges, Anne Chappuis se forme à l’Insas, à Bruxelles, dont elle sort en 1970 couronnée de la plus grande distinction, à l’aube d’une importante carrière sur nos scènes. Fidèle du Rideau de Bruxelles, elle y joue sous la direction de Pierre Laroche, Bernard De Coster, Jules-Henri Marchant, Adrian Brine et bien d'autres. On la verra aussi sur de nombreux autres plateaux, du National au Parc, du Public au Varia, en passant par le Théâtre de l’Ancre, à Charleroi, ou le Vilar à Louvain-la-Neuve.

En près de quarante ans de scène, Anne Chappuis aura mis son talent, sa délicatesse et sa puissance au service d'innombrables plumes, de Maeterlinck (L'Oiseau bleu, m.e.s. Thierry Salmon) à Edward Albee (Trois grandes femmes, m.e.s. Roumen Tchakarov), de Paul Willems (Elle disait dormir pour mourir, m.e.s. Frédéric Dussenne) à Marguerite Duras (La Musica deuxième, m.e.s. Philippe Sireuil), en passant par Shakespeare, Koltès ou Kafka.

S’étant éloignée du métier et de la vie publique depuis une quinzaine d’années, l’actrice gardait de forts liens avec certaines de ses consœurs qui l’ont accompagnée jusque dans les derniers temps, où sa santé s’était fortement dégradée.

Décédée samedi, à 77 ans, Anne Chappuis laisse une trace lumineuse, tendrement aiguë, au firmament de nos scènes.

Ses funérailles auront lieu le samedi 25 juin, à 11h, au crématorium d’Uccle.

Anne Chappuis face à Patrick Descamps dans “La Musica deuxième” de Marguerite Duras.
Anne Chappuis face à Patrick Descamps dans “La Musica deuxième” de Marguerite Duras. ©Jorge León