Une compagnie propose des vols à 180 euros entre Paris et Los Angeles : "J'éviterais d'acheter ce type de billets dans le contexte actuel"
Olivier Vandenbroucke, le patron d'USA Travel était l'invité du MagEco sur LN24.

- Publié le 23-05-2025 à 13h42

Depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les touristes européens boudent les États-Unis. Les Belges seraient ainsi 30 % en moins nombreux à se rendre dans le pays de l'Oncle Sam par rapport à l'année dernière. "C'est un recul de cet ordre-là que nous notons chez nous, explique Olivier Vandenbroucke, le gérant d'USA Travel, une agence bruxelloise spécialisée dans les voyages sur mesure vers l'Amérique du Nord sur le plateau de LN24. "Il y a un effet Trump mais qui est négligeable par rapport à d'autres facteurs, comme le sentiment, à tort, de ne plus être les bienvenus aux États-Unis".
"Des opportunités à saisir"
Pour M. Vandenbroucke, avec un dollar bas, il y a pourtant "des opportunités à saisir" de l'autre côté de l'Atlantique. "On trouve de la place dans les hôtels et dans les parcs nationaux, qui normalement ne sont pas disponibles à cette période-ci de l'année". Les compagnies aériennes offrent aussi des prix "plus agressifs" vers la destination, ce qui fait penser à l'ancien pilote de ligne que "les premiers signes d'amélioration sont là".
Brussels Airlines a ainsi sensiblement baissé ses prix depuis Bruxelles vers New York pour remplir ses avions. Mais c'est la compagnie low cost French Bee qui fait actuellement beaucoup parler d'elle, avec de promotions à 180 euros pour un vol entre Paris Orly et Los Angeles. Du rarement vu dans le secteur. "J'éviterais de prendre ce type de billets dans le contexte actuel", pointe pourtant le gérant d'USA Travel.
En plus de tous les frais cachés liés à cette offre (repas et bagage en soute non inclus dans le prix), M. Vandenbroucke pointe un autre danger. "En cas d'annulation, ils ne sont pas tenus à trouver une solution pour le passager. De plus. c'est une offre pour un vol simple ce que j'éviterais de prendre actuellement à cause des contrôles douaniers aux États-Unis".
"Cela se passe de la même façon en Afrique du Sud ou en Australie".
Ces dernières semaines, plusieurs touristes européens se sont ainsi fait refuser l'entrée dans le pays de l'Oncle Sam pour ne pas disposer de billets de vols retour ou de réservation d'hôtels sur place. Rien de nouveau selon Olivier Vandenbroucke. "Tous ces contrôles existaient déjà avant Trump. Il faut pouvoir montrer qu'on vient en tant que touristes et non pour travailler. La raison en est la sécurité. Cela se passe de la même façon en Afrique du Sud ou en Australie".
Le SPF belge des Affaires étrangères rappelle ainsi que la possession d'un document Esta ou d'un visa "ne constitue pas un droit d'accès au territoire" des États-Unis ; "La décision finale et souveraine appartient aux services d'immigration du point d'arrivée. […] Les agents d'immigration peuvent demander à fouiller des appareils électroniques, tels que smartphones, ordinateurs et caméras", insiste le SPF. "Je ne connais pas de cas de fouilles de téléphone par les douaniers américains", assure pourtant le patron d'USA Travel.
Nouveauté trumpienne aussi : les États-Unis ne reconnaissent plus que le sexe (masculin ou féminin) de naissance lors des demandes d'entrée. "Il y a des interrogations pour la communauté LBGTQ + ou les personnes qui ont changé de genres", développe M. Vandenbroucke.