L'Inde, sous pression américaine, tourne le dos au pétrole russe
Après l'imposition de lourdes taxes par Donald Trump, l'Inde commence à réduire ses importations de pétrole russe, mettant fin à une alliance énergétique renforcée depuis le début de l'invasion en Ukraine.

- Publié le 15-08-2025 à 17h47
- Mis à jour le 16-08-2025 à 05h28

Changement de stratégie pour New Delhi. Après l'annonce par Donald Trump d'une double taxation visant l'Inde – 25 % de droits de douane sur ses exportations, et une surtaxe supplémentaire de 25 % sur ses achats de pétrole russe – il semblerait que le pays le plus peuplé au monde ait décidé de changer de tactique.
Quelques heures avant la rencontre entre le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine, Bloomberg rapportait que les raffineries indiennes ont commencé à réduire leurs importations de pétrole russe.
L'Inde, grand acheteur de pétrole russe
Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, l'Inde est devenue l'un des principaux acheteurs de pétrole russe et de matériel militaire, représentant jusqu'à 45 % de ses importations, selon le New York Times. Alors que les pays occidentaux réduisent leurs importations en guise de sanctions contre Moscou, l'Inde a saisi l'opportunité d'acheter du pétrole à prix cassé, ce qui avait permis à l'Inde d'éviter une inflation trop forte.
Dans le cadre de sa guerre commerciale, Donald Trump a promis de pénaliser les pays continuant à commercer étroitement avec la Russie. Chose dite, chose faite : début août, le président américain a annoncé une première taxe de 25 % sur les importations indiennes, immédiatement suivie d'une surtaxe de 25 % supplémentaire spécifiquement ciblée sur les achats de pétrole russe. Résultat : une taxe cumulative de 50 % imposée à l'Inde.
Changement de plan
Selon Bloomberg, les groupes publics Indian Oil Corp. et Bharat Petroleum Corp. ont conclu de nouveaux contrats avec des fournisseurs américains, brésiliens et du Moyen-Orient pour des livraisons prévues en septembre et octobre. Des contrats qui devraient pouvoir limiter la dépendance indienne au pétrole russe.
Un revirement stratégique, qui intervient seulement quelques heures avant la rencontre historique du président américain et russe.
Face aux sanctions économiques imposées par Washington, l'Inde avait initialement adopté une position silencieuse. Contrairement au président Trump qui déclarait sur son propre réseau social que si l'Inde refusait de cesser ses achats de pétrole russe, elle pourrait envisager d'en acheter à son ennemi régional, le Pakistan. Le président américain avait ensuite exigé l'arrêt total des importations de brut russe avant sa rencontre de ce vendredi 15 août avec le président russe, sous peine d'imposer de nouvelles sanctions encore plus sévères.
D'autres pays viennent à la rescousse
Vers qui se tourner ? Face aux pressions américaines, New Delhi s'est résolue à revenir vers ses partenaires "traditionnels". En effet, Bloomberg rapporte que l'Arabie saoudite devrait livrer 22,5 millions de barils à l'Inde en septembre, un record mensuel depuis un an.
De leur côté, les producteurs russes semblent se réorienter vers la Chine, déjà grand acheteur de brut russe. Ce retrait indien, poussé par les États-Unis, pourrait renforcer durablement cette relation énergétique sino-russe.