Andrew, déchu par le roi Charles III: chute et fin d'un privilège à plusieurs millions de livres
Le "prince" Andrew a été déchu de son titre princier à la suite de l'affaire Epstein. La couronne britannique veut prendre des distances avec le fils cadet d'Elisabeth II.

- Publié le 31-10-2025 à 13h41
- Mis à jour le 19-02-2026 à 11h19

Le couperet est tombé. Le roi Charles III a entamé un processus formel pour retirer à son frère cadet, le prince Andrew, le droit d'utiliser son titre princier. Cette décision a été annoncée ce jeudi en cours de journée (la BBC a interrompu son JT pour diffuser la nouvelle), à la suite de l'affaire Epstein. Pour rappel, Andrew Mountbatten Windsor a été visé par une plainte pour le viol de Virginia Giuffre lorsqu'elle avait 17 ans. Il avait alors réglé à l'amiable le procès pour 12 millions de livres sterling, sans reconnaissance de culpabilité.
"Aujourd'hui, une fille américaine ordinaire issue d'une famille ordinaire a fait tomber un prince britannique grâce à sa vérité et à son courage extraordinaires"
Virginia Giuffre, qui s'est suicidée en avril 2025 à l'âge de 41 ans après avoir écrit un livre (qui sera publié à titre posthume), affirmait dans celui-ci qu'Andrew "croyait que coucher avec moi était son droit de naissance".
"Aujourd'hui, une fille américaine ordinaire issue d'une famille ordinaire a fait tomber un prince britannique grâce à sa vérité et à son courage extraordinaires", affirme la famille de Virginia Giuffre.
La fin du Royal Lodge : un manoir "sans loyer" ?
La sanction la plus visible du roi Charles III est l'expulsion du Royal Lodge, le manoir de 30 pièces situé à Windsor qu'Andrew occupait depuis 2003, selon le rédacteur en chef du site HistoiresRoyales.fr. Sa valeur immobilière est évaluée à environ 30 millions de livres sterling (environ 34 millions d'euros).
Selon Newsweek, il a payé 1 million de livres pour louer ce manoir en 2003 et a réglé 7,5 millions de livres de rénovation en 2005, mais n'a pas payé de loyer depuis. Un loyer estimé à environ 300.000 euros par an.

"Les politiciens exigent des éclaircissements sur le loyer symbolique ("peppercorn rent" de probablement 1 livre sterling, NdlR) payé par le prince Andrew pour le Royal Lodge, tandis que l'organisme parlementaire chargé de contrôler les dépenses publiques écrit au Trésor et au Crown Estate pour demander des explications", écrivait The Guardian le 29 octobre dernier.
La perte d'allocation royale et de protection
Depuis 2019, Andrew n'est plus un "working royal", un membre actif de la famille royale. En novembre 2024, le roi Charles III avait déjà mis fin à l'allocation annuelle de 1,2 million de livres versée à son frère, à cause de l'affaire Epstein.
De plus, des questions se posent toujours sur une éventuelle protection policière d'Andrew. Il n'est pas clair si celle-ci a été suspendue ou non, ni combien elle coûte. Les filles d'Andrew, qu'il avait eue avec son ex-épouse Sarah Ferguson, à savoir Béatrice (37 ans) et Eugénie (35 ans), conservent quant à elles leur titre.
Un patrimoine personnel fragilisé
La fortune réelle d'Andrew est difficile à évaluer. Selon plusieurs médias, elle serait entre 3,9 et 60 millions de livres sterling. Difficile à confirmer.
Néanmoins, l'accord financier avec Virginia Giuffre à 12 millions d'euros et tout ce qui suit, pénalisera ses rentrées financières.
"Andrew 'le chaud lapin' n'a pas compris que le droit de cuissage avait été aboli"
"Andrew est ("était" serait désormais plus approprié donc, NdlR) une proie facile pour tous ceux qui prétendent pénétrer dans l'establishment britannique afin d'y faire du business. Il a besoin d'argent", évoquait, à propos de l'homme déchu, Stéphane Bern dans Paris Match ce jeudi, dans un papier titré "Andrew 'le chaud lapin' n'a pas compris que le droit de cuissage avait été aboli".
Désormais privé de soutien royal et de revenus publics, il ne dispose plus que de ses investissements personnels et de quelques propriétés secondaires. Une chute historique, dont le précédent remonte à 1936. "Cela est arrivé à Édouard VIII dans la législation qui a accompagné son abdication en 1936", rappelle la BBC ce vendredi. Une abdication mêlant une histoire d'amour, avec un mariage "impossible", mais aussi des sympathies avec l'idéologie nazie, qui auraient poussé le gouvernement britannique à demander son abdication au profit de George V, le père d'Elisabeth II. Mais c'est une autre histoire.