Windows 10, la fin approche : pourquoi votre PC risque peut-être de finir à la corbeille

Trois petites lettres sont en cause : TPM. On vous explique, alors que Microsoft cessera de commercialiser Windows 10 (pour pousser Windows 11) ce 31 janvier.

Ordinateur PC sous le système d'exploitation Windows 10 de Microsoft.
Microsoft fera bientôt une croix sur la commercialisation en ligne de son système d'exploitation Windows 10. ©© Simon Lehmann - PhotoGranary

À la fin de ce mois de janvier, Microsoft stoppera la commercialisation de son OS (Operating System) Windows 10. Lancé fin 2014, il en est à neuf ans de vie, soit une existence normale dans l’écosystème des systèmes d’exploitation. D’autant plus que Windows 10 ne sera pas envoyé à la corbeille le 31 janvier : il bénéficiera toujours d’un support de la part de la firme de Redmond jusqu’à octobre 2025. Un suivi de 10 ans : difficile de prendre Microsoft en défaut d’obsolescence programmée logicielle. Apple a des fenêtres plus courtes, par exemple.

Après octobre 2025, vous pourrez bien entendu toujours utiliser une machine qui fera tourner Windows 10, mais à vos risques et périls : Microsoft n’interviendra plus sur le système, et ne corrigera donc plus les failles de sécurité potentielles, du pain bénit pour les hackers.

Jusqu’ici, on a donc un OS qui ne sera plus vendu dans une semaine, avant d’être abandonné logiciellement deux ans plus tard. Rien de crispant, tant que l’après est accessible à tous les utilisateurs. Et c’est là que cela se corse…

La puce TPM 2.0, le noeud du problème

La suite de Windows 10, aux yeux de Microsoft, c’est d’une logique implacable, s’appelle Windows 11. Déployée depuis 2021 via Windows Update, gratuitement pour tout qui utilise déjà Windows 10, on ne voit toujours pas l’ombre d’un problème. Il arrive.

Le bémol, c’est que Windows 11 exige, dans ses prérequis matériels, la présence d’une puce TPM (Trusted Platform Module) 2.0 sur la carte mère de l’ordi supposé accueillir le logiciel. En soi, c’est bien : ces puces TPM (ou Fritz) sont destinées à stocker des clés de chiffrement, donc à renforcer la cryptosécurité de nos ordinateurs. À la base il s’agissait d’un composant externe (minuscule), soudé à la carte-mère. Aujourd’hui, le composant est directement intégré au firmware de la carte-mère. Si vous achetez un ordi (neuf) demain, il est forcément TPM 2.0 friendly.

Mais le problème, c’est que si votre PC date d’avant 2016, il y a très peu de chances qu’il intègre une puce TPM 2.0… ou que celle-ci soit activée. La technologie est effectivement relativement récente. On va donc se retrouver avec un parc de millions d’ordinateurs qui ont largement, dans le bide, de quoi faire tourner Windows 11 (une puissance de calcul du processeur capable, assez de mémoire RAM ou d’espace de stockage), mais qui ne seront pas éligibles à l’installation de l’OS. À l’heure de la sobriété énergétique et de la préservation des ressources, tout cela n’est pas super écolo. Mais malgré le torrent de critiques, Redmond ne badinera pas sur la sécurité…

Une page http se tourne : Internet Explorer est mort, vive... Google Chrome ?

Ce parc de PC’s encore fonctionnels mais condamnés à servir de presse-livres (ou à vivre dangereusement, c’est-à-dire en faisant faire tourner un OS daté, dont le support n’est plus garanti) est important.

À titre d’information, à ce jour, 68 % des machines tournent encore sous Windows 10. Et, plus étonnant, 13 % sont encore sous Windows 7 ou 8…