L'entrepreneure est-elle réellement indépendante financièrement ?
Si les chiffres sont en hausse, et particulièrement en Wallonie, le statut d'indépendant pour les femmes entrepreneures est encore en proie à de nombreuses difficultés.

- Publié le 08-03-2024 à 16h24

Les femmes entrepreneures avancent encore sur un terrain inégal, confrontées à des réalités économiques et sociétales qui freinent leur progression et leur réussite. Le baromètre Diane, orchestré par UCM, éclaire cette réalité en chiffres : une croissance modeste de 2.52 % du nombre de femmes indépendantes entre 2021 et 2022. Cette augmentation, quoique positive, est à comparer avec un rythme plus soutenu des années précédentes.
En détail, c'est la Wallonie qui affiche une hausse de 2.62 % du nombre de femmes entrepreneures, suggérant une légère avance sur la moyenne nationale. À Bruxelles, l'évolution est moins marquée, avec une hausse de 1,92 %. Si des augmentations sont constatées, ces chiffres cachent des disparités plus profondes, en particulier en ce qui concerne la répartition sectorielle et les revenus.
Une rentabilité inégale
Les femmes s'orientent majoritairement vers trois secteurs : les professions libérales, le commerce, et, à Bruxelles spécifiquement, l'industrie. Cependant, l'écart de revenus entre hommes et femmes reste interpellant : au niveau national, les hommes gagnent en moyenne (en net) 35.58 % de plus que les femmes.
La situation financière des entrepreneures belges est encore plus précaire quand on considère la rentabilité de leurs entreprises, selon le baromètre. Plus de 55.9 % des femmes à la tête d'une entreprise à titre principal estiment que leur activité n'est pas assez rentable pour vivre décemment.
Par ailleurs, près de trois-quarts de ces entrepreneures (73.5 %) compte sur un revenu supplémentaire au sein du foyer, souvent apporté par un partenaire, ce qui souligne une certaine dépendance financière.
De plus, 67.5 % des femmes indépendantes gagnent moins que le second revenu du ménage, et 37.5 % ne considèrent pas leur situation financière comme indépendante. "Il y a encore du pain sur la planche. UCM et le réseau Diane saluent toutes les initiatives qui permettent aux femmes d'embrasser une carrière entrepreneuriale, et ce dans les mêmes conditions qu'un homme. S'il est indéniable que des choses se mettent en place, et sans tomber dans la "victimisation", le chemin semble encore long pour qu'une femme puisse un jour devenir sereinement cheffe d'entreprise", conclut le rapport.