La BNB maigrit encore
La Banque nationale perd des compétences au profit de la BCE. Ses activités restent soutenues.
- Publié le 04-11-2014 à 21h20
- Mis à jour le 05-11-2014 à 07h21

C'est une nouvelle étape majeure dans l'évolution des missions de la Banque nationale de Belgique. Depuis mardi, la BNB n'est en effet plus responsable du suivi prudentiel des grandes banques, confié à la Banque centrale européenne (lire ci-contre) suite au fiasco de la crise financière de 2007-2008. De quoi alimenter encore les questionnements et autres débats qui surgissent régulièrement quant à l'avenir de cette institution dont l'image reste celle d'un pilier de l'Etat belge. Pourtant, celui-ci n'est plus en charge de la politique monétaire de la maison Belgique depuis l'an 2000 et l'introduction de l'euro. C'était évidemment le rôle historique le plus important de la Banque nationale dont l'Etat reste actionnaire à 50 %.
"Aujourd'hui la BNB joue surtout sur son prestige d'antan , souffle un observateur averti de la vie économique belge. Elle vient de perdre le contrôle prudentiel des grandes banques. Même si elle conserve celui des plus petites institutions, on sent bien qu'elle devient une sorte de centre d'étude en perte de vitesse au niveau national." Et de conclure que la BNB devra, à l'avenir, immanquablement maigrir au vu de cette évolution.
Alors ? Cette tendance est-elle inéluctable ? Il est vrai qu'au lendemain du passage à l'euro, le personnel de la banque a chuté de manière constante. En 2011 excepté puisque la BNB héritait des missions de contrôle prudentiel des institutions financières attribuées à la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) et du personnel ad hoc. Aujourd'hui, 2 100 personnes travaillent à la Banque nationale contre plus de 2 400 en 2000, selon la direction.
De 23 à 4 sièges en quelques années
Celle-ci annonce également "la consolidation" régulière de ses sièges situés en province. Début octobre, la BNB confirmait la fermeture programmée en 2016 de ses antennes de Mons et de Hasselt. Une fermeture justifiée par "la baisse continue de l'activité liée au traitement des billets" , expliquait l'institution toujours en charge de la circulation de la monnaie. Aujourd'hui, la BNB ne compte plus que 4 sièges. Elle en faisait fonctionner 23 en 1999.
Pour autant, l'expertise de la BNB et son rôle statistique pourrait quant à lui augmenter. "La sixième réforme de l'Etat et les importants transferts de compétences vers les communautés et régions font de la Banque nationale un outil important pour les entités fédérées" , glisse un membre du personnel de la BNB. Georges Gilkinet, député Ecolo qui s'est souvent montré critique quant aux déclarations du gouverneur de la BNB, Luc Coene, dont Ecolo estime qu'il est ni plus ni moins qu'un ministre libéral surnuméraire au gouvernement fédéral, indique la Belgique "ne doit pas se priver pour autant d'un outil important pour les autorités publiques" .
Plus que 1 700 travailleurs en 2020
Luc Coene, gouverneur de la BNB, ne se fait d'ailleurs pas trop de souci pour l'activité de son institution. "La politique monétaire est décidée à Francfort mais sa mise en œuvre est assurée par la BNB en Belgique ce qui implique" , explique-t-il. Il ajoute que la préparation des dossiers concernant les grandes banques belges sera, dans un premier temps, préparés par la Banque nationale pour la Banque centrale européenne. "Pour l'instant, il est donc difficile d'évaluer la baisse d'activité que le transfert de la supervision va engendrer" , ajoute Luc Coene. Il ajoute que la BNB assure toujours une représentation à la BCE, ce qui implique aussi un travail de préparation à Bruxelles. Le gouverneur précise par ailleurs que la BNB ne comptera plus que 1 700 salariés à l'horizon 2020. Ce non-remplacement des départs naturels étant surtout lié à la baisse des besoins en matières de traitement des billets de plus en plus automatisé. "L'imprimerie de la BNB sera fermée en 2020" , précise-t-il encore.
