Brussels Airport veut éviter le "chaos" cet été : le temps d'enregistrement d'un passager pourrait grimper jusqu'à huit minutes en moyenne
Avec la vérification des documents sanitaires, le temps d'enregistrement pourrait être jusqu'à cinq fois plus long à l'aéroport.

- Publié le 01-06-2021 à 16h48
- Mis à jour le 20-06-2021 à 16h03

Plus de 4 000 emplois perdus et des dizaines de millions d'euros de perte nette : l'année 2020 aura été catastrophique pour l'aéroport de Bruxelles et son écosystème. Malgré cet énorme impact négatif lié directement à la crise du Covid-19, Arnaud Feist, le patron de Brussels Airport reste confiant. "Nous étions sains avant la crise et disposons des réserves suffisantes, assure le CEO. Nos pertes sont énormes, mais au regard des circonstances, c'est acceptable."
Faire payer les avions les plus polluants
Le patron s'attend à ce que son aéroport reste dans le rouge cette année, avant un "petit bénéfice" en 2022. Selon lui, Brussels Airport ne reviendra pas à un niveau pré-pandémie avant 2024, voire 2025. Notons que l'aéroport veut profiter de la reprise pour accélérer son verdissement avec, notamment, le projet de faire payer jusqu'à 20 fois plus les avions polluants que les nouveaux appareils.
En attendant, du côté de Zaventem on espère sortir déjà un peu la tête de l'eau cet été. Près de 2,5 millions de passagers sont ainsi attendus sur le tarmac du plus grand aéroport du pays durant les mois de vacances. Ce n'est que la moitié d'un été "normal", mais le double par rapport à celui de l'année dernière, où la Belgique sortait lentement d'un premier confinement et les vaccins anti-Covid n'étaient encore qu'en phase d'études.
Risque de chaos estival en Europe
Mais dans quelles conditions seront accueillis les voyageurs ? Les aéroports européens ont lancé lundi un avertissement sur un potentiel "chaos" estival entre leurs murs en raison des contrôles liés à la pandémie de coronavirus. Le risque est ainsi de voir d'énormes files dans les aéroports, dont celui de Zaventem qui a prévu trois grandes "tentes" pour faire patienter les passagers en cas de besoin. Tout en respectant les distanciations sociales entre "bulles" de voyageurs. "Le gros problème sera surtout les contrôles des documents, analyse M. Feist. Il faudra vérifier si les passagers ont leur certificat sanitaire européen. Et s'ils ne l'ont pas, quels types de documents seront acceptés ou pas".
Selon M. Feist, le certificat européen ne résout pas tout. "Cela n'empêche pas des pays de mettre des conditions différentes d'accès à leur territoire. C'est pourquoi nous demandons une harmonisation au niveau européen, tant au niveau des documents que des restrictions imposées".
Qui doit contrôler les certificats européens ?
L'aéroport a fait ses calculs : dans un scénario catastrophe, le temps d'enregistrement d'un passager pourrait grimper jusqu'à huit minutes en moyenne, contre une minute trente en temps normal. D'où la crainte réelle de "longues files d'attente". Pour l'instant, l'aéroport ne demande toutefois pas à ses passagers de venir plus tôt, afin d'être assurés de ne pas rater leur avion. "On verra comment cela se passe. Il est difficile de faire des prévisions à moyen terme car les gens réservent de plus en plus à la dernière minute".
Une autre incertitude pèse sur l'organisation interne. "On ne sait toujours pas qui doit contrôler les certificats européens : la police, les compagnies, l'aéroport ? Il faut plus de clarté", insiste le CEO.
