Revue boursière : l'éternel retour de la pharma
Les groupes du secteur devraient rencontrer des ventes plus favorables.
- Publié le 23-10-2026 à 18h08

Même si le marché belge a été en grande partie supporté par l'émergence d'ArgenX et d'UCB durant les deux dernières années, le secteur de la santé dans son ensemble a plutôt eu tendance à sous-performer depuis 2022. Cette longue période de méforme est principalement liée à l'incertitude politique croissante aux États-Unis, son marché le plus large et le plus rentable.
Sous pression
"Les prix et les remboursements ont subi des pressions, et les droits de douane à l'importation ont été rehaussés. Un décret présidentiel visant à aligner les prix des médicaments américains sur ceux, plus bas, pratiqués dans d'autres pays développés, s'est accompagné de réformes du remboursement des médicaments et de menaces de tarifs sectoriels élevés", se rappelle Alexandra Ralli, analyste sur le secteur de la santé chez Lombard Odier. Et dans le même temps, les bénéfices des groupes pharmaceutiques sont menacés par une vague d'expirations de brevets sans équivalent depuis plusieurs décennies (entre 300 et 400 milliards de dollars de ventes sur le marché américain). Ces diverses tensions ont culminé en 2025, en entraînant un recul du poids de ce secteur dans les indices des pays développés.
Retour en forme
Depuis le début 2026, la tendance est toutefois redevenue positive. "L'incertitude liée à la politique américaine s'est résorbée. Les grands groupes pharmaceutiques ont promis d'investir davantage dans la production sur sol américain et la plupart ont désormais conclu des accords sur les prix des médicaments", constate Alexandra Ralli. La pression politique devrait rester présente, mais le secteur semble avoir dépassé le point de pression maximal.
"Les médicaments contre l'obésité ont été le principal moteur de croissance du marché durant les dernières années."
Dans le même temps, les expirations de brevets poussent désormais les groupes à augmenter leurs dépenses en R & D. "Les médicaments contre l'obésité ont été le principal moteur de croissance du marché durant les dernières années", et il devrait prochainement dépasser la barre des 100 milliards de dollars pour atteindre près de 150 milliards de dollars d'ici 2030, notamment grâce au développement de solutions plus efficaces ou plus facilement administrables.
Impact IA
"Les groupes continuent de réaliser des avancées dans d'autres domaines", souligne encore Alexandra Ralli, "mais ce besoin de remplir le pipeline se traduit également par une vague d'acquisitions sur les valeurs de biotechnologies qui détiennent des traitements prometteurs, plutôt que par de grandes fusions à l'issue incertaine entre groupes pharmaceutiques. Cette tendance nous semble devoir se poursuivre".
Enfin, la santé est également un des secteurs qui devrait le plus bénéficier de l'utilisation de l'IA, que ce soit pour accélérer les programmes de recherche, pour trouver de meilleurs candidats ou pour trouver de nouveaux traitements. "Les groupes pharmaceutiques s'attendent à ce que l'utilisation de l'IA réduise de 16 % les coûts de développement des nouveaux médicaments".
Au vu de ces différents éléments, Alexandra Ralli s'attend à une accélération de la croissance des bénéfices par action vers 18 % en 2027 pour l'ensemble du secteur de la santé. "Le secteur offre une diversification par rapport aux indices boursiers fortement pondérés en valeurs technologiques, ainsi qu'une autre façon de tirer parti des promesses de l'IA. Enfin, les élections de mi-mandat américaines devraient aboutir à un blocage législatif qui limitera le risque de réformes radicales".
Euphorie belge
En attendant, les groupes belges ont connu une semaine euphorique pour l'indice BEL20. ArgenX a bondi de plus de 7,5 % durant les quatre premières séances de la semaine, tandis qu'UCB s'est adjugé plus de 26 %. Les deux groupes ont annoncé d'excellents résultats pour le troisième trimestre (avec même une hausse des prévisions pour chez UCB), alors que leurs cours avaient été mis sous pression durant les dernières semaines en raison de diverses incertitudes leur médicament vedette.
TOP : Lotus Bakeries
À côté des deux groupes pharmaceutiques et d'AB InBev, Lotus Bakeries continue également d'apporter un soutien à la performance du marché belge. Le titre est en hausse de près de 70 % depuis le début 2026 avec une capitalisation boursière qui dépasse 10 milliards d'euros, grâce à la performance commerciale étincelante de Biscoff. En outre, la rotation sectorielle hors des valeurs IA pousse de nombreux investisseurs à s'intéresser aux producteurs de bien de consommation.
FLOP : Lam Research
Le fabricant d'équipements pour semi-conducteurs a été une des principales victimes de la semaine écoulée sur le Nasdaq 100, après avoir annoncé des chiffres trimestriels supérieurs aux attentes du marché. Les analystes ont toutefois marqué leur inquiétude quant à la pénurie croissance de puce et d'autres composants nécessaires à la fabrication des produits du groupe, notamment suite aux déclarations de la direction lors de la conférence téléphonique qui a suivi l'annonce des chiffres.