La présidente de bpost "certifie" que l'audit interne est fait de façon "professionnelle"
Lors de l'assemblée des actionnaires, Audrey Hanard a répondu à un certain nombre de critiques apparues ces derniers jours. Les avocats Mes Arnauts et Lenssens lancent un examen du dossier à la demande de certains investisseurs.

- Publié le 10-05-2023 à 11h10
- Mis à jour le 10-05-2023 à 17h40

Il y avait plus d'administrateurs et d'avocats que d'actionnaires ce mercredi lors de l'assemblée générale (AG) des actionnaires de bpost qui s'est tenue à Bruxelles. La présidente du conseil d'administration, Audrey Hanard, a ouvert la séance en évoquant la demande de l'Etat belge, actionnaire à 51 % de l'entreprise publique, de reporter les votes sur la nouvelle politique de rémunération et la décharge aux administrateurs. "Le conseil d'administration a décidé de ne plus soumettre la décharge aux administrateurs et de proposer de reporter le vote jusqu'à la réalisation de l'examen de conformité pour que le vote puisse se faire en connaissance de cause. Cela se fera au plus tard lors de l'assemblée annuelle en 2024", a-t-elle expliqué.
"Quand la décharge n'est pas donnée, la société peut poursuivre les administrateurs mais il faut l'approbation de l'assemblée générale. La décharge porte sur les comptes et pas en cas de fraudes", où les poursuites restent possibles quelle que soit l'issue du vote, nous ont expliqué à l'issue de l'AG Hélène Mespouille et François Soenen, tous les deux conseillers au service juridique de bpost.
La présidente a également évoqué les critiques sur l'audit interne initié à la suite des soupçons de collusion dans la concession de distribution de journaux. D'après elle, il n'est "pas correct" d'affirmer qu'il n'est pas fait de manière professionnelle. "Regrettant profondément" ces critiques, elle "certifie" que tout est mis en oeuvre pour détecter les irrégularités. "L'équipe chargée de conduire l'examen de conformité a bénéficié du soutien d'experts externes dans ce domaine afin de garantir un examen approfondi et objectif des faits survenus au sein de l'organisation… Notre but était de ne rien laisser au hasard, et je peux vous assurer que nous avons adopté la bonne méthodologie pour y parvenir".
Nouveau CEO
Cet audit a mené à des enquêtes supplémentaires portant sur certains contrats avec l'État belge "car il s'est avéré que la culture du compliance n'était pas assez adéquate. Les résultats de cette enquête ne sont toutefois pas encore connus. "Je suis d'accord avec vous que cela prend beaucoup de temps. Je partage votre frustration qu'il n'y ait pas plus de clarté. On communiquera en toute transparence dès qu'on sera en mesure de le faire", a-t-elle ajouté.
A propos de la recherche d'un nouveau CEO, suite au départ de Dirk Tirez remercié en décembre dernier dans le cade de l'examen de conformité, elle a aussi tenu à répondre aux critiques dans la presse en soulignant que "la recherche est menée par les bonnes personnes au sein de la bonne entreprise". Elle a toutefois concédé qu'elle ne pouvait "pas donner de timing" pour la nomination, même si c'est "une priorité" pour le conseil d'administration.
Malgré toutes ces incertitudes, la présidente a assuré que bpost "est sur la bonne voie. Nous sommes résilients. Nous avons un grand avenir devant nous. Nous avons confiance en nos milliers de collaborateurs".
Des actionnaires se posent des questions
Quant aux actionnaires, qui étaient peu nombreux sur place et à distance, ils n'ont pas manifesté de grosse colère face à cette période troublée que traverse bpost et qui explique un cours de bourse au plancher. Certains investisseurs se posent néanmoins des questions puisqu'ils ont demandé à Me Arnauts et Me Lenssens de "lancer un examen préliminaire sur d'éventuelles violations de la loi dans le dossier Bpost", annonce un communiqué des deux associés du cabinet SQ-WATT Legal.
"La question clé est de savoir si les actionnaires privés ont été dupés, avec un chiffre d'affaires artificiellement gonflé. Cela vaut également pour l'introduction en bourse de 2013 : la mariée a-t-elle été maquillée pour privatiser à des conditions plus avantageuses ?", soulignent-ils dans le communiqué. S'il s'avère qu'il y a eu une aide d'Etat, "remboursable rétroactivement", "les dégâts boursiers pourraient être énormes", selon eux. Ce communiqué vise donc clairement à mobiliser un certain nombre d'actionnaires.
