Citroën nous dévoile comment il peut proposer sa nouvelle voiture électrique à 23 300 euros
Citroën double tous ses concurrents sur le segment électrique avec la ë-C3. Et début 2025, il y aura même une voiture à moins de 20 000 euros.

- Publié le 17-10-2023 à 13h14

Citroën a pris tous ses concurrents européens de cours : la voiture électrique à moins de 25 000 euros, évoquée par Renault, Volkswagen, Cupra ou encore Fiat est désormais une réalité. La nouvelle ë-C3, attendue au deuxième trimestre 2024, a été présentée ce mardi à Paris. Son prix : 23 300 euros pour la version You. La marque aux chevrons proposera même une voiture électrique à 19 990 euros début 2025. De quoi pouvoir proposer une voiture abordable pour le grand public.




"Nous avons de grandes ambitions avec ce véhicule car nous pensons que nous allons amener beaucoup de personnes vers la voiture électrique, ces personnes qui ne pensent pas à acheter une voiture électrique car les prix sont trop chers et peu abordables", explique Thierry Koskas, directeur général de Citroën, à la tête de la marque depuis février dernier, à La Libre. "Je ne donnerai pas de chiffres sur nos ambitions de vente. Tout ce que je peux dire, c'est que cette voiture sera l'une des meilleures ventes dans le segment électrique en Europe, peut-être pas la première, mais pas très loin de la première place. C'est là notre ambition".
Modèle phare
La C3 est incontestablement le modèle phare de la marque Citroën : quelque 5,6 millions de véhicules ont été vendus depuis 2002, quand la voiture a effectué ses premiers tours de roue. "C'est notre best-seller. Elle a représenté 30 % de nos ventes en Europe l'an dernier", explique Guillaume Noël, Brand Project Manager, lors d'une présentation en petit comité effectuée début octobre à Paris. Elle a aussi été à nouveau la voiture préférée des Belges en 2022, comme les années précédentes.
Pour Citroën, la voiture électrique ne doit pas rester un petit marché de niche.
C'est dire si Citroën ne peut se louper sur la nouvelle génération de ce modèle, qui se déclinera en électrique mais aussi en essence. Le prix de la ë-C3 sera de 23 300 euros pour la version You, avec une autonomie de 320 kilomètres. "Proposer une autonomie supérieure à 300 kilomètres était une obligation pour nous". Le prix de la version Max n'a pas encore été communiqué.
"Le défi était de proposer un véhicule électrique dans une gamme de prix où l'on trouve actuellement des voitures thermiques. Notre volonté, en tant que marque populaire, était de proposer un véhicule au prix accessible, qui va permettre de généraliser l'électrification. Pour Citroën, la voiture électrique ne doit pas rester un petit marché de niche".
Nouvelle plateforme
Comment ont-ils réussi le tour de force à proposer une citadine du segment B à un prix inférieur à celui du marché ? Une plateforme spécialement conçue pour des véhicules électriques permet des gains de coûts, de même que la batterie LFP (Lithium Fer Phosphate"). "Cela a rendu plus abordable la partie électrique du véhicule".
"Il a aussi fallu réfléchir encore plus que d'habitude", sourit Sylvain Henry, Exterior Designer. "Il n'y a pas de pièces gratuites sur la ë-C3, comme cela pouvait être le cas sur l'ancienne C3". Ainsi, les pièces dont l'utilité était de soutenir l'esthétisme sont passées à la trappe, comme sur les portières. "Je les ai réinterprétées de façon visuelle avec la carrosserie". De même, "il n'y a pas de pièces rajoutées". Plus de chrome, pour les phares, mais un jeu de carrosserie qui permet de diviser en deux les projecteurs.
On met l'argent là où il doit être."
"En diminuant le nombre de pièces, cela nous permet d'améliorer la qualité perçue tout en gagnant sur le prix. Des pièces en moins, c'est aussi moins de temps en usine. On met l'argent là où il doit être", poursuit Sylvain Henry. Les barres de toit ont également été redessinées. "Tout a été étudié pour que cela ne soit pas néfaste à l'aérodynamisme".
Tout cela en étant agrémenté d'un style qui accroche le regard. "C'est la manière intelligente de construire une voiture et c'est encore l'art de la proposer à ce prix-là", complète Boris Reinmoller, Design Project Manager.
La ë-C3 n'est pas pour autant une voiture au rabais. "Tout a été pensé pour que le véhicule soit fonctionnel et puisse attendre l'objectif des 300 kilomètres d'autonomie sans avoir une voiture qui soit bricolée ou mal équilibrée", reprend Sylvain Henry.
Une vraie Citroën
Le résultat n'a plus grand-chose, finalement, à voir avec la C3 de la précédente génération, même si la longueur, à peu de chose près, et la largeur sont restées identiques. La garde au sol – la hauteur du véhicule - a été toutefois rehaussée. "Cela permet des entrées et des sorties plus faciles pour le conducteur et les passagers. Cela donne aussi un sentiment de dominer la route", souligne Guillaume Noël.
L'habitacle est spacieux et confortable, ou comment donner l'impression d'avoir plus d'espace en restant dans les mêmes volumes. Dans les faits, c'est quand même un plus de place pour les genoux pour tout le monde, même si le visuel joue aussi son rôle, comme ces repose-tête incurvés qui donnent justement une impression de plus d'espace. C'est encore le confort des sièges. Le tout doit donner une impression de "zénitude", remarque Boris Reinmoller. Sur les portières, il y a d'ailleurs des petits messages, "Be happy" ou encore "Feel good".
Sur la route, ce confort se traduit par l'arrivée dans ce segment B de la technologie des suspensions Advanced Comfort, jusqu'à présent réservées aux modèles plus haut de gamme. C'est le fameux effet du "tapis volant", qui se joue des dégradations de la route.
"Nous avons fait une vraie Citroën", résume Guillaume Noël. Une Citroën produite en Europe, dans l'usine slovaque de Trnava, qui est la plus récente des usines européennes du groupe Stellantis. Et avec un moteur fabriqué à Metz, en France. De quoi chatouiller Dacia, et sa Spring électrique fabriquée en Chine.
Pour Citroën, la ë-C3 marque un nouveau départ, comme le clame son nouveau logo fièrement posé à l'avant et à l'arrière du véhicule.