Une catastrophe ? Sous pression de Donald Trump, le géant pétrolier ExxonMobil envisage de vendre ses sites belges
L'entreprise possède trois sites en Belgique. Les sites britanniques pourraient également être vendus.

- Publié le 04-09-2025 à 10h20
- Mis à jour le 08-09-2025 à 10h03

ExxonMobil envisage de vendre certaines usines chimiques européennes, situées en Belgique et au Royaume-Uni, rapporte le Financial Times, en s'appuyant sur des sources proches du dossier.
Selon le journal, des discussions préliminaires ont été menées ces dernières semaines avec des conseillers au sujet d'une éventuelle transaction qui pourrait atteindre jusqu'à un milliard de dollars.
Trois sites en Flandre
En Belgique, la compagnie américaine possède deux usines de polyéthylène à Zwijndrecht (Flandre-Orientale) et Meerhout (Anvers), ainsi qu'une raffinerie et un site pétrochimique dans le port d'Anvers.
Il n'existe toutefois aucune garantie que la vente se concrétise et l'entreprise refuse pour l'instant de commenter ces rumeurs.
Ces pressions sur les sites belges ne sont pas nouvelles. "Entre 2020 et 2023, le nombre de travailleurs d'ExxonMobil à Bruxelles (Machelen, NdlR) a diminué de 35 %. Plus de 300 personnes ont déjà quitté l'entreprise", signalait déjà en 2024 la CGSLB.
"Aujourd'hui, les travailleurs restants sont confrontés à une nouvelle réorganisation", précisait le syndicat.
Actuellement, ExxonMobil compte environ 1000 à 1500 emplois en Belgique et plus de 10 000 en Europe.
La décision potentielle de vente intervient "alors que d'autres entreprises chimiques tentent également de se retirer de leurs activités européennes", précise le Financial Times. "Au début de l'année, LyondellBasell a vendu quatre usines européennes, tandis que l'entreprise saoudienne Sabic envisage une décision similaire", poursuit le FT.
"Le géant américain, qui figure parmi les plus grands producteurs pétrochimiques mondiaux, a entamé ces dernières semaines des discussions préliminaires avec des conseillers au sujet d'éventuelles ventes, qui pourraient rapporter jusqu'à 1 milliard de dollars", selon plusieurs sources relayées par le média britannique.
La stratégie protectionniste de Donald Trump pourrait effectivement favoriser les sites américains et modifier la stratégie d'ExxonMobil en Europe.
Bien qu'aucune annonce officielle n'ait donc été faite aux syndicats, cette nouvelle n'étonne pas vraiment. Pour un représentant du comité d'entreprise européen, il est clair depuis longtemps qu'ExxonMobil souhaite réduire sa présence en Europe. Ces dernières années, plusieurs usines ont déjà été cédées en Italie et en France.
"Tout s'inscrit en fait dans une stratégie qu'ExxonMobil ne divulgue pas, mais qu'elle applique, explique Levi Sollie du syndicat socialiste ABVV. Cette stratégie implique un retrait de l'Europe. L'entreprise estime que le climat d'investissement n'est plus favorable ici. Nous n'excluons donc pas que des changements interviennent également dans notre pays". Affaire à suivre, donc.
