Il y avait l'an dernier un nombre record de femmes dans des postes de direction dans le secteur financier belge
C'est ce qui ressort du dernier rapport annuel de Wo-Men in Finance Belgium qui a scruté 70 institutions dans le secteur financier belge. Mais la vigilance reste de mise.
- Publié le 15-11-2025 à 07h13

Il y a de plus en plus de femmes dans les postes de direction dans le secteur financier belge. C'est ce qui ressort des chiffres avancés par l'organisation Wo·Men in Finance Belgium qui réalise chaque année, depuis 2019, une enquête sur la diversité des genres au niveau de la direction d'entreprise, en passant au crible 70 institutions représentant plus de 90 % du secteur.
La vigilance doit rester de mise
Il ressort de cette enquête annuelle, que les femmes occupaient l'an dernier 35,7 % des postes de direction dans le secteur de la finance en Belgique, soit le niveau le plus élevé depuis le lancement de l'initiative en 2019. Ce chiffre n'était que de 33,2 % en 2023, 32,2 % en 2022, 30,4 % en 2021 et 28,9 % en 2020. La progression est donc continue. "Les départs dans ce groupe de femmes cadres ont également diminué, signe que l'attention particulière accordée à la rétention et à la culture porte ses fruits. Dans le management intermédiaire également, la proportion de femmes a continué d'augmenter pour atteindre 47,4 %, une évolution positive malgré la légère augmentation du nombre de départs volontaires dans ce groupe", explique encore le dernier rapport de Wo·Men in Finance Belgium, cité dans un communiqué de Febelfin, la fédération du secteur financier belge.
Lorsque la structure et la culture se renforcent mutuellement, le leadership devient plus humain et plus performant."
La législation sur les quotas maintient, par ailleurs, son effet positif, constate ce rapport : les femmes représentaient ainsi, en 2024, 41,4 % des administrateurs dans les entreprises concernées par la loi, contre 26,4 % dans les autres organisations. "Pour la première fois en cinq ans, la part des femmes dans les viviers de talents recule cependant légèrement. Cette baisse pourrait être liée à la hausse notable des nominations féminines à des postes de direction. Elle souligne en tout cas la nécessité d'une vigilance accrue afin de continuer à garantir la progression des talents féminins", souligne encore ce rapport.
"Équité structurelle"
"Six ans après la signature de la charte Wo·Men in Finance, je constate clairement que notre approche sectorielle accélère les progrès de nos membres en matière de diversité et d'inclusion", a expliqué Claire Godding, coprésidente de Wo·Men in Finance, citée dans le communiqué. "Lorsque la structure et la culture se renforcent mutuellement, le leadership devient plus humain et plus performant", a précisé, de son côté, Nathalie Delaere, coauteure du rapport.
L'analyse démontre aussi que les progrès sont les plus marqués dans les institutions "qui lient les objectifs d'inclusion à l'évaluation des dirigeants, assurent le suivi des avancées et rendent ces progrès visibles à travers des indicateurs de performance (KPI) et des tableaux de bord liés au genre, et intègrent les comportements inclusifs dans les processus de leadership et d'évaluation".
Enfin, Wo·Men in Finance Belgium a également mené des groupes de discussion avec de jeunes mères et pères et des membres de la génération dite sandwich, ceux qui s'occupent à la fois d'adolescents et de parents âgés. "Les responsabilités familiales continuent d'influencer les carrières professionnelles. La flexibilité aide, mais une véritable inclusion nécessite une équité structurelle, la reconnaissance de la charge mentale et le partage des responsabilités", conclut le rapport annuel 2024-25 de Wo·Men in Finance Belgium.

