Les sanctions américaines contre le pétrole russe frappent fort : un pays va devoir fermer 20% de ses stations-service
À la veille de l'application des sanctions américaines contre les géants pétroliers russes, la Finlande est le premier pays à en subir les conséquences directes.

- Publié le 20-11-2025 à 13h38
- Mis à jour le 20-11-2025 à 17h11

Est-ce le début d'une crise pétrolière en Europe ? Alors que le président américain a annoncé fin octobre des sanctions américaines contre les deux géants du pétrole russe Lukoil et Rosneft, accusés de participer à l'effort de guerre russe, il apparaît que plusieurs pays pourraient toutefois être sérieusement impactés par ces sanctions. Et la Finlande est la première victime.
En effet, le groupe finlandais de stations-service Teboil, détenu par le géant pétrolier russe Lukoil, a déclaré qu'il allait devoir fermer progressivement toutes ses stations-service, faute de pouvoir s'approvisionner en carburant en raison des sanctions américaines sur les géants russes, rapporte Reuters. Au total, 430 stations vont donc devoir fermer à travers le territoire, ce qui représente un cinquième de toutes les stations-service du pays.
Gunvor, un espoir pour la compagnie qui n'a pas duré
Fin octobre, quelques jours après l'annonce de Donald Trump, Lukoil avait annoncé qu'elle allait vendre ses actifs étrangers à la société suisse Gunvor, propriété de l'homme d'affaires suédois Torbjorn Törnqvist, mais cofondée par un oligarque proche du président russe, Vladimir Poutine. Cette perspective avait brièvement ravivé l'espoir de l'entreprise finlandaise Teboil, alors que certains médias finlandais alertaient déjà sur le risque imminent de pénurie de carburant, l'entreprise étant à court de stocks.
Mais la situation a rapidement basculé. Quelques jours après l'annonce, Gunvor a fait savoir que la vente n'aura finalement pas lieu, suite aux critiques et à des propos du ministère américain des Finances qui avait qualifié l'entreprise suisse de "marionnette du Kremlin". En réponse, Gunvor a qualifié cette accusation de "fondamentalement erronée et trompeuse" et a annoncé qu'elle se retirait de la vente. Coup de massue pour l'entreprise finlandaise Teboil qui, dans la foulée, a donc dû annoncer la fermeture de toutes ses stations-service. "Les stations fermeront progressivement une fois les stocks de carburant écoulés", a indiqué Teboil dans un communiqué.
Selon des sources de Reuters, Lukoil peine à maintenir ses activités dans l'ensemble de ses entreprises étrangères, notamment en Irak, en Finlande et en Suisse. Ce qui laisse craindre que d'autres fermetures puissent survenir. Dans certains pays comme la Roumanie ou la Bulgarie, les gouvernements cherchent des solutions pour éviter la fermeture des raffineries du groupe. En Bulgarie, par exemple, le parlement a voté une loi plaçant le géant pétrolier sous contrôle de l'État. Une situation similaire avait vu le jour en Allemagne au lendemain de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en 2022. Berlin avait alors pris le contrôle des activités de l'autre grand groupe sous sanction, Rosneft.
Le pétrole monte
Alors que les sanctions américaines doivent entrer en vigueur ce vendredi, le cours du pétrole s'envole déjà ce jeudi. "Les représailles et les sanctions occidentales ne se contentent pas d'augmenter la prime de risque géopolitique ; elles créent une pénurie physique de pétrole", explique Tamas Varga, analyste chez PVM, ce qui incite les prix à grimper, rapporte l'AFP.
