La production de vin belge a augmenté de 25 % en 2025
Le vignoble dépasse les 1 000 hectares, la production atteint 4,3 millions de litres et on assiste à l'émergence du vin orange.

- Publié le 31-03-2026 à 09h01
- Mis à jour le 03-04-2026 à 15h32

Quelques chiffres d'abord, qu'a publiés ce lundi le SPF Économie : la production de vin belge a augmenté de 25 % en 2025 par rapport à l'année record précédente, à savoir 2023, atteignant 4,3 millions de litres, avec les plus fortes progressions qui concernent le vin rouge et le mousseux ; le vignoble belge dépasse pour la première fois 1 000 hectares et le nombre de vignerons s'élève à 350.
"C'est un bilan très positif… et aussi, quelque part, très fragile car c'est un métier passion mais à risque, soumis aux aléas climatiques", souligne Vanessa Vaxelaire, présidente de l'Association des vignerons de Wallonie et copropriétaire du Château de Bioul dans le Namurois (14 ha et une production d'environ 50 000 bouteilles dont 30 % de vins effervescents).
On coche toutes les cases mais en 2024, en raison des conditions météo défavorables, aucun vigneron belge n'a produit plus de 20 à 30 % de sa production habituelle."
Elle reprend : "Ce sont toutes des bonnes nouvelles, d'autant plus qu'on a une agriculture très vertueuse avec de petites exploitations familiales, très bio, en tout cas en Wallonie, et c'est un artisanat de savoir-faire qui demande de la main-d'œuvre, donc de l'engagement de personnes. On coche toutes les cases mais en 2024, en raison des conditions météo défavorables, aucun vigneron belge n'a produit plus de 20 à 30 % de sa production habituelle. Et cela peut se représenter !"
Et d'en profiter pour glisser un message aux politiques : "Donc, c'est une jolie bulle, tous les curseurs ont l'air au vert mais c'est un métier qui, financièrement parlant, est toujours compliqué. Il y a de grands investissements derrière la plupart d'entre nous et de grosses charges qui pèsent sur les vignerons, avec une main-d'œuvre très coûteuse et peu nombreuse et des accises complètement démesurées qui pèsent sur les vins effervescents : environ 2,30 euros la bouteille (accises et TVA sur les accises) pour environ 74 cents sur les vins tranquilles. Or, nous sommes de grands producteurs de vins effervescents, surtout en Wallonie."
Plus de vin en Wallonie
La forte hausse de la production en 2025 (4,3 millions de litres pour 3,4 millions en 2023 et 1,2 million en 2024) s'explique principalement par des conditions météorologiques favorables, indique le SPF Économie. "Absence de gelées en mars-avril, belle floraison en juin et juillet, un été très beau jusqu'au 21 juillet puis le temps s'est un peu dégradé mais cela n'empêche pas la vigne de bien mûrir, une belle arrière-saison et une jolie récolte", résume Vanessa Vaxelaire. Par ailleurs, "il y a eu une grosse augmentation des plantations il y a quelques années dont la production arrive seulement maintenant car on n'a des bouteilles que 3-4 ans après la plantation. C'était prévu en quelque sorte, on attendait ces bouteilles sur le marché. Et cette année, si tout se passe bien, on devrait encore gagner quelques pourcents".
Au niveau des Régions, la Wallonie a produit "significativement" plus de vin que la Flandre.
Au niveau des Régions, la Wallonie a produit "significativement" plus de vin (2,44 millions de litres) que la Flandre (1,83 million) malgré une surface cultivée inférieure, indique le SPF Économie : 490 hectares pour 551 hectares en Flandre. Explication : "La Wallonie mise fortement sur le vin mousseux, lequel offre généralement un rendement plus élevé par hectare car le viticulteur peut y planter deux fois plus densément (environ 10 000 pieds par hectare). En Flandre, la production est plus diversifiée et le vin tranquille représente une plus grande part."
Les plus fortes augmentations de production ont eu lieu en Wallonie, particulièrement en province de Luxembourg (+ 284 %), du Brabant wallon (+ 85 %) et de Namur (+ 58 %). En province de Limbourg, par contre, la production a baissé de 2 %. La province d'Anvers a connu une augmentation de seulement 6 %, juste derrière le Hainaut (+ 8 %), sachant que celui-ci reste le plus productif avec 956 730 litres de vin.

Du vin orange
La croissance concerne tous les types de vin sauf le rosé (-6 %) et le rosé mousseux (-33 %). "Les vignerons se concentrent sur leurs produits phares : le vin rouge (+ 78 %), le vin blanc (+ 18 %) et le vin blanc mousseux (+ 29 %)", précise le SPF Économie.
La production de vin orange reste actuellement limitée, avec environ 10.000 litres, et pour le moment seuls des vignerons actifs en Flandre déclarent ce type de vin séparément."
"Pour la première fois, une quantité significative de vin orange apparaît", observe encore le SPF Économie. Alias un vin élaboré à partir de raisins blancs mais vinifié comme un vin rouge. "La production reste actuellement limitée, avec environ 10 000 litres, et pour le moment, seuls des vignerons actifs en Flandre déclarent ce type de vin séparément. Les viticulteurs wallons expérimentent également cette technique, mais le déclarent généralement comme du vin blanc." "C'est un produit très intéressant, confirme Vanessa Vaxelaire. Tout ce qui peut marquer notre identité est positif."
Davantage de nouveaux vignerons en Flandre
Quant au nombre de vignerons, il continue à augmenter : 290 en 2023, 321 en 2024 et 350 en 2025, professionnels et amateurs inclus. "La croissance la plus forte se situe en Flandre : 43 nouveaux vignerons, contre 17 en Wallonie, mentionne encore le SPF. La province de Flandre-Occidentale reste en tête avec 15 nouveaux vignerons. La répartition Wallonie/Flandre reste stable (36 %/64 %)."
La tendance est similaire pour ce qui concerne la superficie cultivée : 891 en 2023, 958 en 2024 et 1 040 hectares en 2025.
Ce sera donc plus compliqué que l'an dernier et il faut croiser les doigts pour que nous n'ayons plus trop de nuits de gel."
Côté cépages, le Chardonnay est le plus populaire en Belgique, sur le plan de la production (1 298 119 litres) et de la surface cultivée. Le top 3 en matière de production est complété par l'assemblage Chardonnay-Pinot Meunier-Pinot Noir (383 424 litres) et le Pinot Noir (339 512 litres).
Enfin, cette année, dans les vignes, "jusqu'à présent, on a connu 15 jours un peu trop précoces début mars et donc, la vigne est partie, analyse Vanessa Vaxelaire. Et puis, on a eu une belle gelée dans la nuit de jeudi à vendredi sans trop de conséquences, mais à partir de maintenant et jusqu'au 10 mai, il ne peut plus geler. Ce sera donc plus compliqué que l'an dernier et il faut croiser les doigts pour que nous n'ayons plus trop de nuits de gel."