BMW prépare une déferlante : 40 nouveaux modèles en approche
L'usine munichoise va débuter, à l'été, la production de la nouvelle i3 électrique.

- Publié le 02-04-2026 à 08h05
- Mis à jour le 02-04-2026 à 13h03

Une rare i3 apparaît au loin. Quelques membres du personnel du constructeur bavarois l'entourent. Le reste de la ligne de production respire la quiétude, pour ne pas dire l'inaction. "Quelques voitures ont été produites ce matin", indique Peter Weber, directeur de l'usine.

Cette partie de l'usine BMW de Munich est encore en période de rodage, comme l'attestent des mouvements incessants de robots qui font et refont les mêmes gestes à un rythme soutenu, sans que la ligne d'assemblage ne soit active.
Les quelques voitures produites sont des véhicules d'essai, dont les comportements sont disséqués sous toutes les coutures avant de passer à la vitesse supérieure. C'est en effet en août prochain que la chaîne de production va donner pleinement sa mesure, lorsque la production de la nouvelle i3 électrique sera pleinement lancée. La i3, c'est une autonomie pouvant aller jusqu'à 900 kilomètres et une recharge de 400 kilomètres en dix minutes.
Coup d'essai lors des JO
Les temps ont bien changé depuis que deux BMW électriques avaient été construites pour accompagner les athlètes du marathon des Jeux olympiques de Munich de 1972. L'idée, déjà, était de ne pas les déranger dans leurs efforts avec des émissions de CO2 lors de cette épreuve, dont l'arrivée au stade olympique était située à deux pas de l'usine. L'un de ces véhicules est présent au BMW Group Classic. L'espace moteur est totalement rempli de batteries, mais la BMW 1602 Elektro-Antrieb devait se contenter d'une autonomie de 30 à 60 kilomètres.

La véritable aventure électrique a débuté en ces lieux mêmes. "C'est ici, il y a 20 ans, que les prototypes des premières Mini et BMW électriques ont été mis au point", rappelle Milan Nedeljkovic, Board Member for Production.
Une voiture sur quatre construite en Allemagne a été produite dans une usine BMW. C'est impressionnant".
La prochaine production en série de la Série 3 ne s'est pas faite du jour au lendemain. La modernisation du site a débuté en 2022, avec une accélération pour accueillir une ligne d'assemblage sur trois niveaux spécifiques pour cette Neue Klasse. Le tour de force a été de continuer à pouvoir produire 1 000 voitures par jour – des séries 3 et 4 actuelles — malgré les travaux de transformation. L'investissement global dans l'usine de Munich a été de quelque 650 millions d'euros.
"Notre investissement dans cette usine témoigne d'un engagement très fort en faveur de la production allemande", poursuit Peter Weber. "L'an dernier, nous avons produit plus d'un million de voitures dans nos usines allemandes. Cela signifie qu'une voiture sur quatre construite en Allemagne a été produite dans une usine BMW. C'est impressionnant", complète Milan Nedeljkovic.
Les investissements dans les usines ont permis d'accroître la productivité. "Au cours des cinq dernières années, nous avons réduit le coût de production d'une unité jusqu'à 25 %. Nous sommes désormais en mesure d'appliquer efficacement l'intelligence artificielle à nos activités quotidiennes. C'est pourquoi nous avons déjà mis en œuvre des milliers d'applications d'IA dans nos processus de qualité, de logistique et de maintenance".
"Grâce au lancement de la toute nouvelle BMW i3, nous réduirons encore les coûts de production de l'usine de Munich de 10 %. Ce succès a été rendu possible par le développement de l'automatisation et de la numérisation à un niveau supérieur", souligne encore Peter Weber.

L'automatisation globale est de l'ordre de 60 %. Dans le "body shop", là où la voiture est assemblée, 800 robots supplémentaires sont sur les rangs, pour un total de 2 000. Les robots effectuent quelque 98 % des tâches, comme le très classique serrage de boulons.
Durabilité
Quelque 500 photos sont également prises automatiquement et analysées par l'intelligence artificielle pour détecter les éventuels défauts. "C'est plus précis que le contrôle visuel", remarque un responsable du département.
Ces robots sont alimentés en énergie verte grâce à des panneaux photovoltaïques. Cette approche durable se retrouve un peu partout dans l'usine munichoise.
Dans l'atelier de peinture, une nouvelle technologie purifie l'air grâce à l'électricité renouvelable, un processus qui intervient à des températures de 800 à 900 degrés. "Cette approche réduit considérablement la consommation de gaz naturel et, par conséquent, les émissions de dioxyde de carbone".
Dans la logistique, ce sont des camions électriques qui apportent les pièces, ensuite déchargées par des chariots élévateurs fonctionnant à l'hydrogène. C'est une première. L'avantage est qu'ils peuvent être rechargés en trois minutes, alors que c'est bien plus long pour les versions électriques. Leur plus grande disponibilité permet d'avoir un parc plus restreint (125 unités).
Des chariots électriques, totalement automatisés, transportent ensuite ces pièces vers les différents postes de travail. Le management peut suivre en temps réel leur cheminement.
Le début d'une longue série
Et des pièces, il y en a : le département logistique en gère 2,5 millions par jour. Pas moins de 700 camions viennent quotidiennement à l'usine, dans un ballet millimétré. Les réserves peuvent en effet faire face à quatre heures de production. Pour augmenter l'efficacité, 70 % de ces pièces vont venir directement du fournisseur. Les autres sont stockées dans 4 entrepôts, proches de Munich.
L'usine est en tout cas au taquet pour éviter des ruptures en cas de problème chez un fournisseur, où qu'il soit. "Nous avons de nombreuses options pour réagir à une telle éventualité", assure le directeur. Il y a en effet une règle de base au sein de la compagnie : "Ne jamais arrêter la production".
À Munich, une nouvelle aventure est prête à redémarrer. "La BMW i3 n'est que le début d'une longue série. Elle sera suivie de 40 autres modèles au cours des deux prochaines années", rappelle Milan Nedelkovic.