"L'ambition de Glooh reste de devenir l'Airbnb de l'affichage"
La jeune pousse belge convainc de plus en plus d'entreprises de recourir à l'affichage numérique extérieur.

- Publié le 08-09-2026 à 08h14

Il y a cinq ans, Dimitri Themelis, fondateur et CEO de la start-up liégeoise Glooh, avait annoncé dans La Libre avoir finalisé une première levée de fonds d'1,5 million d'euros. Avec une belle ambition : démocratiser l'accès à l'affichage extérieur numérique (le "DOOH" ou "Digital Out Of Home"). "L'affichage est le dernier grand média resté hors de l'écosystème digital. Nous existons pour rendre la rue aussi accessible que le fil d'actualité d'un réseau social", disait-il.
Cinq ans plus tard, Dimitri Themelis, désormais installé au Brésil (pays où Glooh est en train de se développer), n'a pas changé de discours : "Notre ambition reste de devenir l'Airbnb de l'affichage". Comme sur la célèbre plateforme de location de logements, Glooh veut permettre à des entreprises ou des organisations de réserver, à un moment donné et dans le format souhaité, des écrans numériques présents dans l'espace public (abribus, gares, centres commerciaux, salles de sport, maisons communales, etc.) pour communiquer des messages à vocation commerciale ou autre.
Techniquement, la plateforme de Glooh génère automatiquement, à partir de contenus provenant des entreprises ou organisations (réseaux sociaux, sites web, etc.), des contenus publicitaires qui peuvent s'adapter au contexte afin de maximiser leur impact. Glooh a récemment ajouté un agent IA, Themis, pour permettre aux annonceurs de simuler des campagnes avant leur diffusion dans l'espace public.
Une alternative aux Gafam
Si l'ambition de Glooh n'a pas changé, Dimitri Themelis et son associé, Maximilien Vériter, confessent avoir un peu sous-estimé le temps nécessaire, pour certaines entreprises, d'insérer le "DOOH" dans leur stratégie média. "Les budgets publicitaires pour le numérique vont, pour l'essentiel, vers Google et Meta. Il faut encore montrer qu'il existe des alternatives aux Gafam pour capter l'attention d'audiences locales et les transformer en visites en magasins et en achats".
Glooh est néanmoins déjà parvenue à convaincre de nombreux clients, belges comme étrangers, de recourir à sa plateforme pour communiquer dans l'espace public grâce à l'affichage numérique. "Nous sommes actifs au Benelux et en France, souligne le CEO. Notre technologie est en outre licenciée, en marque blanche, aux Pays-Bas, en Espagne, en Allemagne et au Brésil".
"Nous avons vendu une campagne à 55 euros pour une demande en mariage dans la région de Lille ! À côté de ça, on vend des campagnes à plus de 50 000 euros."
Parmi les clients de Glooh, on trouve aussi bien de gros annonceurs (comme Axa, Proximus, Awex ou Warner Bros), que de plus petites entreprises. "Nous avons vendu, par exemple, une campagne à 55 euros pour une demande en mariage dans la région de Lille ! À côté de ça, on vend des campagnes à plus de 50 000 euros."
De l'info utile
La solution de Glooh s'avère aussi particulièrement efficace pour faire de l'affichage numérique extérieur un véritable canal où grandes marques et PME sponsorisent des informations utiles. Ainsi, en juillet, Partenamut a lancé une campagne de prévention solaire où le message ne s'affichait sur les écrans, présents dans des gares ou des rues, uniquement lorsque l'indice UV local dépassait 5.

Dimitri Themelis reste discret sur le chiffre d'affaires de Glooh. Il assure que "l'entreprise est pérenne", avec un taux de rétention des clients et un revenu net "très intéressants". La start-up doit toutefois encore démontrer sa capacité à "passer à l'échelle", c'est-à-dire à croître en multipliant ses revenus et sa clientèle sans augmenter ses coûts.
À ce stade, Glooh ne prévoit pas de relever des fonds pour accélérer sa croissance. "On a encore pas mal de choses à mettre en place et à démontrer avant d'envisager une nouvelle levée de fonds", conclut, à ce propos, Dimitri Themelis.