De nouveaux retards pour les primes à la rénovation à Bruxelles : les caisses déjà vides ?
Les délais de versement des primes se rallongent une nouvelle fois chez Urban.brussels, au grand dam des propriétaires bruxellois qui attendent depuis des mois le traitement de leur dossier.

- Publié le 01-09-2023 à 17h44

Deux semaines : c'est ce qu'il a fallu à Urban.brussels pour recommencer à accumuler les retards pour verser des primes aux propriétaires bruxellois qui ont terminé leurs travaux de rénovation, malgré les 12 millions d'euros réinjectés en juillet par le gouvernement de Rudi Vervoort. L'administration gère environ 20 % des dossiers liés aux primes à la rénovation à Bruxelles, dans le cadre de Renolution, la stratégie de rénovation de la capitale (qui vise un PEB C pour la moyenne de ses bâtiments d'ici 2050).
La situation budgétaire nécessite d'être ajustée pour payer ces dossiers en attente de paiement.
"Depuis le début de l'année, 2 696 dossiers ont déjà été instruits dont 619 dossiers sont en attente de paiement", concède la porte-parole d'Urban Federica Sasdelli. "Le nombre de dossiers à instruire a donc plus que triplé et même si les équipes arrivent à absorber cette augmentation en termes de gestion administrative, la situation budgétaire nécessite d'être ajustée pour payer ces dossiers en attente de paiement. Des discussions sont en cours avec Bruxelles Environnement pour régler cela."
Réajuster le budget
Federica Sasdelli rappelle que le budget alloué aux primes à la rénovation et à l'énergie est en constante augmentation depuis 2019. "En 2023, il s'est agi d'anticiper le succès de Renolution et la campagne de communication qui y a été associée, d'appréhender la réforme du système des primes, en tenant compte de la crise énergétique et des conséquences que nous pouvions imaginer sur les demandes de primes. Dans ce contexte, le budget Renolution d'Urban a connu plusieurs augmentations conséquentes pour atteindre aujourd'hui plus de 17 millions d'euros."
En juin dernier, Urban s'était déjà attiré les foudres de propriétaires bruxellois qui n'avaient vu le montant de leur prime que partiellement octroyé, alors qu'ils répondaient à toutes les conditions et ont respecté l'ensemble de la démarche administrative. En cause : un budget de 12 millions d'euros qui n'avait pas résisté à l'afflux de demandes. Le gouvernement bruxellois avait ainsi réinjecté à Urban 12 millions d'euros en juillet.
Mais aujourd'hui, force est de constater que le budget d'Urban est déjà au plancher, ne versant quasiment aucune prime depuis trois semaines. À qui la faute ? "Il faut demander à Urban" commentent les cabinets de Rudi Vervoort (PS), Ministre-Président de la région de Bruxelles-Capitale, et d'Alain Maron (Ecolo), ministre bruxellois de l'Environnement et de l'Energie.
Silence des administrations
À la tête d'une société qui aide notamment les propriétaires à récupérer les subsides auxquels ils ont droit, Robin du Parc, CEO de Primes Services, explique que si tout se passe bien du côté de Bruxelles Environnement, il commence à en avoir "marre de servir de punching-ball pour nos clients mécontents du délai de versement de leur prime Urban et de l'autre côté, subir le silence de l'administration".
On en a marre de servir de punching-ball pour nos clients mécontents du délai de versement de leur prime Urban.
À l'heure actuelle, son entreprise, qui gère environ 15 % du marché de gestion des primes, se retrouve avec 128 dossiers envoyés à Urban, dont 45 introduits avant avril 2023 qui "devraient théoriquement être déjà payés aujourd'hui". La valeur moyenne d'un dossier chez Urban varie entre 20 et 40 000 euros : Primes Services attend donc entre 1 et 2 millions d'euros de paiement à leurs clients de la part de l'administration. "Et je ne parle pas des 83 dossiers qui ont été introduits depuis mai."
Federica Sasdelli explique de son côté que l'objectif d'Urban est désormais "d'assainir le budget pour 2023 et aborder 2024 en tirant les leçons de cette première année. Nous mettons un point d'honneur à trouver des solutions concertées afin de permettre la continuité dans l'instruction des dossiers."
