La baisse des droits d'enregistrement relance la surenchère immobilière
La réforme wallonne a complètement relancé le marché. Mais avec un impact sur les prix.

- Publié le 22-09-2025 à 11h47
- Mis à jour le 22-09-2025 à 11h50

C'est certainement la mesure la plus populaire prise par le gouvernement wallon, depuis le début de la législature.
On parle évidemment de la baisse du taux des droits d'enregistrement de 12,5 % à 3 %, depuis le 1er janvier 2025.
Une hausse de l'activité de 16%
Une réforme qui a eu le mérite de booster le marché wallon de l'immobilier, qui a observé une hausse de l'activité de 16 %, au premier semestre, par rapport à la même période, en 2024.
Il faut dire que cette réforme permet une économie qui atteint parfois plusieurs dizaines de milliers d'euros pour les acheteurs, ce qui a accéléré les projets de nombreux candidats-acquéreurs wallons. Mais cette mesure conjuguée à une hausse de l'activité immobilière a un effet pervers : les prix sont repartis à la hausse, surtout dans des zones à forte pression immobilière.
Pourquoi ? Une maison en vente attire plus d'acheteurs potentiels, qui doivent enchérir pour obtenir le bien. Cest le traditionnel jeu de l'offre et de la demande. Une tendance confirmée par Catherine Delforge, directrice de l'agence Get Master, située à Court-Saint-Étienne. "Depuis février-mars, le marché s'est complètement relancé. La baisse des droits d'enregistrement à 3 % a déclenché un afflux massif de candidats acquéreurs."
Une stabilisation des prix espérée
Cette tension explique la flambée des prix. Globalement, Catherine Delforge estime la hausse récente entre 8 et 10 %. "Les biens se vendent rapidement, parfois uniquement via la base de clients des agences, sans passer par les portails spécialisés. La concurrence entre candidats entraîne même des surenchères de 10 % au-dessus du prix affiché", avance-t-elle.
Avec une hausse de 10 %, les acheteurs perdent donc le bénéfice de la réforme, à la différence que cela s'applique sur le montant de la mensualité du prêt hypothécaire, et non sur la somme d'argent à "sortir" directement, au moment de la transaction. Le but premier de la réforme reste donc rempli : permettre un accès plus rapide à la propriété. On peut aussi espérer une stabilisation des prix, après cet effet de nouveauté.
Mais ce sont donc plutôt les vendeurs qui seraient les grands gagnants de la réforme. Autre facteur favorable : le recul temporaire des taux hypothécaires, retombés autour de 3 à 3,5 % au premier semestre 2025. Mais l'embellie pourrait être de courte durée. "Malheureusement, ils sont en train de remonter ; ce qui risque d'avoir un impact sur le second semestre 2025 et freiner un peu la demande", prévient Jean-Frédéric Vigneron, notaire à Wavre.
Autre effet pervers indirect, l'impact sur les projets neufs qui, eux, font face à une fiscalité défavorable." Pour l'achat d'un bien existant, l'acheteur paie 3 % de droits, pour peu qu'il s'agisse d'un premier bien ou d'un bien qui sera unique. Dans le neuf, c'est 21 % de TVA. La différence est énorme : dix-huit points de fiscalité. Résultat : beaucoup de projets neufs peinent à trouver preneur", souligne Jean-Frédéric Vigneron.
