Les États-Unis auraient perdu environ un milliard de dollars en bitcoin
Donald Trump conforte son envie de constituer des stocks de cryptomonnaies, mais tous les États ne suivent pas la marche. Et un accès à un portefeuille aurait été perdu.

- Publié le 04-03-2025 à 16h39
- Mis à jour le 05-03-2025 à 10h10

Peu de temps après une altercation avec Volodymyr Zelensky dans le bureau ovale qui a fait couler beaucoup d'encre, Donald Trump a annoncé en parallèle dimanche sur Truth Social son intention de créer une réserve stratégique en cryptomonnaies.
Déjà annoncée pendant la campagne électorale, celle-ci devait se constituer principalement de bitcoins (BTC). Mais Donald Trump a désormais ajouté d'autres valeurs, dont l'Ethereum (ETH), le Ripple (XRP), le Solana (SOL) et le Cardano (ADA). Les valeurs ont grimpé après cette annonce avant de prendre un violent effet correcteur dans la foulée ce début de semaine.
"Évidemment, BTC et ETH, ainsi que d'autres cryptomonnaies de valeur seront le cœur de la réserve. J'aime aussi le Bitcoin et l'Ethereum", a-t-il publié.
"Une réserve de cryptos US va élever cette industrie critique après des années d'attaques corrompues de l'administration Biden […]. Je vais faire en sorte que les USA deviennent la capitale crypto du monde", a-t-il asséné, alors qu'un premier "sommet crypto" sera organisé ce vendredi 7 mars à Washington.
Des États américains traînent des pieds
Si plusieurs États américains ont déposé des propositions de loi afin de créer des réserves de cryptomonnaies, certains d'entre eux ont affiché des réticences, selon plusieurs sources, corroborées par le Bitcoin Reserve Monitor et repris par le Journal du Coin.
Ainsi, parmi la vingtaine d'États ayant emboîté le pas au président américain, cinq d'entre eux, dont le Montana, le Dakota du Sud, le Dakota du Nord, la Pennsylvanie et le Wyoming, ont rejeté les différentes propositions de loi visant à investir une partie de l'argent public en cryptos. Le Wyoming, visiblement très ouvert aux cryptos, après avoir lancé son propre "stablecoin" adossé au dollar l'été dernier, a donc préféré attendre.
À l'inverse, l'Arizona a de son côté avancé sur une loi (senate bill 1025) proposant d'investir jusqu'à 10 % des fonds publics de l'État en cryptoactifs.
Une perte problématique
Par ailleurs, une autre information circule : celle que l'USMS (United States Marshals Service, agence de police fédérale américaine) aurait perdu l'accès à un portefeuille de bitcoins potentiellement évalué à un milliard de dollars. S'il est difficile d'obtenir confirmation, plusieurs médias spécialisés relaient l'information et l'autorité n'a pas démenti.
Il faut savoir que de nombreux bitcoins sont détenus et gérés par ce service depuis l'arrestation, entre autres, de Ross Ulbricht, le fondateur du très décrié site Silk Road, fermé en 2013. Ce site proposait des ventes illégales de biens et services, dont de nombreuses drogues. Donald Trump a par ailleurs décidé de gracier Ross Ulbricht en janvier 2025, peu de temps après son investiture, après une décennie passée en prison. Il l'avait promis à la communauté de libertariens réclamant sa libération et qui avait affiché un soutien important au candidat en 2024. Ross Ulbricht avait été arrêté en possession de 144 000 bitcoins en 2013. Si cela ne valait qu'entre 45 et 80 millions de dollars à l'époque, cela représenterait environ 14 milliards de dollars actuellement.
"Pour autant que je sache, l'USMS gère actuellement cela manuellement via des tableurs Excel"
Des pertes d'accès à des "wallets" à cause de problèmes administratifs ou de mises à jour de logiciels ont déjà été rapportées par le passé mais jamais un montant aussi important n'a été mentionné.
"Pour autant que je sache, l'USMS gère actuellement cela manuellement via des tableurs Excel", a déclaré à CoinDesk Chip Borman, responsable chez ADDX Corporation, assez critique sur la question. Notons néanmoins que son entreprise a essuyé un refus de la part des autorités après avoir proposé une solution technologique de gestion d'actifs.
D'autres médias, comme Cointelegraph, se demandaient en 2024 si les États-Unis ne vendaient pas discrètement les bitcoins saisis lors de la fermeture de Silk Road. D'où la position délicate et la difficulté pour l'administration de prouver si elle est toujours en possession de ces bitcoins.
Si cette vente passée n'est pas impossible – malgré le fait que cela soit issu d'un commerce illégal et criminel – il se pourrait néanmoins que les États-Unis fassent marche arrière, puisque Donald Trump veut pour le moment constituer des réserves stratégiques plutôt que de les vendre.
