Multiples mises en garde contre les divisions occidentales

Les mises en garde contre les divisions entre Américains et Européens, et de ces derniers entre eux, se sont multipliées vendredi sur le "vieux continent", à trois jours d'une réunion cruciale du Conseil de sécurité de l'Onu sur la crise irakienne, alors que la Maison Blanche haussait encore le ton contre Saddam Hussein

AFP
Multiples mises en garde contre les divisions occidentales
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Les mises en garde contre les divisions entre Américains et Européens, et de ces derniers entre eux, se sont multipliées vendredi sur le "vieux continent", à trois jours d'une réunion cruciale du Conseil de sécurité de l'Onu sur la crise irakienne, alors que la Maison Blanche haussait encore le ton contre Saddam Hussein.

"Nous devons conserver l'unité de la communauté internationale au Conseil de sécurité", a souligné le chef de la diplomatie russe Igor Ivanov, en visite à Athènes. "L'emploi de la violence sans une décision du Conseil de sécurité va aggraver la situation et aura des conséquences à double tranchant", a averti M. Ivanov à l'issue d'une réunion Russie-Troïka européenne, dans le cadre de la présidence grecque de l'Union européenne (UE).

La Commission européenne a rejeté toute division entre une "vieille" et une "nouvelle" Europe, en réaction aux propos du secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld. Agacé par l'opposition de Paris et Berlin aux positions des Etats-Unis sur le dossier irakien, il avait qualifié mercredi le couple franco-allemand de "vieille Europe".

"Nous trouvons comme toujours que le moteur franco-allemand est très important pour l'intégration européenne et qu'on ne peut pas diviser la vieille et la nouvelle Europe", a déclaré la porte-parole du commissaire européen aux Relations extérieures, Chris Patten.

Le commissaire, de nationalité britannique, a averti qu'un désaccord sur l'Irak des pays européens siégeant au Conseil de sécurité (France, Grande-Bretagne, Allemagne et Espagne) serait "un échec important de nos efforts pour construire une politique étrangère commune" de l'UE, dans une déclaration au Monde daté de samedi.

De son côté, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a affirmé qu'il fallait "absolument éviter une fracture entre les Etats-Unis et l'Union européenne, car ce serait un malheur".

Le Haut représentant pour la politique étrangère de l'UE, Javier Solana, a souligné l'importance "de conserver la gestion" de la crise irakienne "dans le cadre des Nations unies". Il a insisté sur le fait que ce devait être la position de tous les pays de l'UE, car elle représente leur "plus petit dénominateur commun".

Moscou et Berlin ont réaffirmé la "proximité" de leurs approches sur l'Irak, consistant à favoriser "un règlement politique du problème irakien dans le cadre de l'Onu", selon un communiqué du Kremlin diffusé après un entretien téléphonique du président Vladimir Poutine et du chancelier Gerhard Schroeder.

Le rôle central de l'Onu avait également été affirmé jeudi par six pays musulmans (Turquie, Syrie, Arabie saoudite, Iran, Jordanie et Egypte), dont quatre voisins directs de l'Irak.

Dans une déclaration publiée à Istanbul, ils invitaient solennellement Bagdad à coopérer efficacement avec les experts onusiens en désarmement.

Leur chef, Hans Blix, doit présenter lundi au Conseil de sécurité à New York son premier rapport sur les résultats de deux mois d'inspections des experts chargés d'établir si l'Irak détient encore des armes de destruction massive.

Au lendemain de cette réunion du Conseil, jugée cruciale pour l'évolution du conflit irakien et les délais qui pourraient être impartis aux inspecteurs pour la poursuite de leur travail, le président George W. Bush doit prononcer son discours annuel sur l'Etat de l'Union américaine.

Des quotidiens anglo-saxons rapportaient vendredi quelques indications à ce propos. Le Los Angeles Times, citant des responsables américains et britanniques non identifiés, affirme que Washington et Londres "envisagent sérieusement" un compromis laissant quelques semaines supplémentaires aux experts de l'Onu pour leurs inspections en Irak.

Le quotidien londonien The Guardian faisait sa Une sur la détermination de M. Bush à déclencher la guerre dans les prochaines "semaines", citant des sources informées britanniques et américaines. Le journal relève que le Premier ministre britannique Tony Blair se rendra à Camp David le 31 janvier et cite une source informée à Washington selon laquelle les Etats-Unis "veulent donner l'impression qu'il (Blair) a pris part au processus, mais la décision a été prise" de déclarer la guerre à l'Irak.

La Maison Blanche a poursuivi vendredi ses récriminations contre Saddam Hussein et accusé Bagdad de refuser de laisser des scientifiques irakiens se faire interroger par les inspecteurs de l'Onu. "Le président Bush estime que le refus de l'Irak d'autoriser des scientifiques irakiens à être interviewés par les inspecteurs de l'Onu est inacceptable", a affirmé son porte-parole Ari Fleischer.

Il se référait à l'annonce faite jeudi par le responsable irakien des contacts avec les inspecteurs, le général Hossam Mohammad Amine, que six scientifiques irakiens avaient refusé d'être interrogés en privé par les experts onusiens alors que, selon lui, Bagdad les y encourageait.

Dès à présent, le Japon a appelé ses ressortissants à quitter l'Irak d'ici mercredi en raison du risque d'attaque américaine, a rapporté vendredi l'agence de presse Kyodo, citant un responsable des Affaires étrangères.

Sur place, les experts ont fait une seule sortie vendredi, jour férié musulman, inspectant le vaste complexe militaire d'Al-Qaaqaa, au sud de Bagdad.

Le secrétaire général de l'Otan, George Robertson, a affirmé à Londres que les inspecteurs "sont maintenant en train d'obtenir des preuves évidentes que Saddam a continué de mentir à l'Onu".

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