Theresa May n'a plus beaucoup de temps pour trouver une solution au Brexit
- Publié le 07-04-2019 à 18h27
- Mis à jour le 08-04-2019 à 15h12

Theresa May devra démontrer aux Européens qu'une solution est en vue.
Au moment d'écrire ces lignes, il restait seulement un peu plus de 48 heures à Theresa May pour trouver une solution au Brexit. Si la Première ministre devait arriver sans proposition claire au Conseil européen exceptionnel de ce mercredi 10 avril, il est tout à fait envisageable que les Vingt-Sept rejettent sa demande de recul de la date du Brexit au 30 juin. Sauf dénouement miraculeux jeudi et vendredi du côté de la Chambre des communes, le Royaume-Uni sortirait alors de l'Union européenne sans accord ce vendredi 12 avril à minuit.
Preuve de l'anxiété générale parmi les rangs conservateurs, Theresa May a rédigé samedi soir un message à tous ses élus, mais destiné plus spécifiquement aux Brexiters purs et durs, leur réclamant de soutenir un accord "sans quoi le Brexit pourrait [leur] filer entre les doigts".
Dimanche après-midi, elle a aussi expliqué dans une vidéo publique son choix de négocier directement avec la direction du parti travailliste pour trouver une majorité aux Communes. "Nous avons le devoir de mettre en place le Brexit, en faveur duquel les gens ont voté. Je veux faire cela d'une manière qui ne perturbe pas la vie des gens", a-t-elle souligné.
Malgré son insistance sur le fait que les deux camps "devront faire des compromis", les négociations entamées mercredi n'ont pour le moment mené nulle part. Vendredi soir, Keir Starmer, le responsable du Brexit au sein du Labour, avait indiqué que le gouvernement "n'envisage pas le moindre changement au texte de la déclaration politique". Selon l'hebdomadaire The Observer, le négociateur en chef de Theresa May, Oliver Robbins, et les conservateurs ont tenté de convaincre leurs interlocuteurs travaillistes de soutenir l'accord négocié par le gouvernement car il contiendrait le maintien permanent du pays dans l'union douanière, l'objectif officiel du Labour. "Ils nous expliquaient qu'en fait nous n'avions pas compris que l'accord était très bon", a raconté anonymement l'un d'entre eux au journal.
Le parti travailliste craint par ailleurs que les nouveaux engagements qui pourraient être inclus dans la déclaration politique sur les relations futures entre le Royaume-Uni et l'UE soient rejetés par le successeur de Theresa May, qui a déjà annoncé qu'elle démissionnera une fois le Brexit effectif. Pour y répondre, la partie gouvernementale a proposé d'indiquer dans la loi que le Parlement aura un droit de regard sur les négociations finales. Au regard du blocage actuel du Parlement à propos de la première phase de négociations, bien moins pointue, les travaillistes ne risquaient pas d'être impressionnés par cette proposition.
Si le blocage persiste, la Première ministre organisera-t-elle donc un vote "sur un nombre d'options à propos des relations futures" entre le Royaume-Uni et l'UE comme elle l'avait promis mardi dernier ? Rien n'est désormais certain, malgré la nécessité d'une solution pour éviter un No Deal.
La dirigeante du parti conservateur doit pourtant agir vite. Les Brexiters radicaux s'organisent déjà pour la renverser. Le député Nigel Evans a estimé dimanche que "si un long recul de la date du Brexit devient réalité, le bruit de fond sur la nécessité d'écarter la Première ministre deviendra une cacophonie".
Il y a dix jours, 170 élus tories, soit plus de la moitié des 317 députés conservateurs aux Communes, ont rédigé une lettre à Theresa May réclamant qu'elle pousse le pays vers une sortie sans accord. Rien ne laisse penser qu'ils aient depuis changé d'avis.