"Des millions d'étudiants lui doivent un morceau de vie" : Sofia Corradi, alias "Mamma Erasmus", est décédée à l'âge de 91 ans

Pionnière du programme Erasmus, l'Italienne Sofia Corradi est morte vendredi à Rome. Surnommée "Mamma Erasmus", elle a œuvré toute sa vie pour permettre aux étudiants européens d'étudier à l'étranger et de faire reconnaître leurs diplômes.

Sofia Corradi, alias "Mamma Erasmus".
Sofia Corradi, alias "Mamma Erasmus". ©https://sofiacorradi.eu/

Sofia Corradi, professeure italienne de sciences de l'éducation, connue sous le surnom affectueux de "Mamma Erasmus", s'est éteinte vendredi à Rome à l'âge de 91 ans. Elle laisse derrière elle un héritage immense : le programme Erasmus, qui a permis à des millions d'Européens de franchir les frontières pour étudier à l'étranger. Sa famille a salué sa "grande énergie" et sa "générosité intellectuelle et émotionnelle", selon l'agence de presse italienne ANSA.

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Née à Rome en 1934, Sofia Corradi commence par étudier le droit à l'université La Sapienza, avant de poursuivre son cursus à l'Université Columbia, à New York. À son retour en Italie, elle découvre avec amertume que son diplôme américain n'est pas reconnu. De cette déconvenue naîtra une idée qui allait changer le visage de l'enseignement supérieur européen.

Étudier à l'étranger a changé ma vie

Elle se donne alors pour mission de faire reconnaître, à l'échelle européenne, les périodes d'études effectuées à l'étranger. Ce combat aboutira en 1987, avec la naissance du programme Erasmus, il y a 38 ans maintenant.

Une idée révolutionnaire

"Mon objectif était de créer un système qui permette, même à ceux qui n'ont pas de grands moyens financiers, d'accéder à une période d'études à l'étranger et de faire reconnaître leurs examens", expliquait-elle à Libération.

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Mais l'idée ne fait pas l'unanimité à ses débuts.

"C'est un programme révolutionnaire qui, lorsque je l'ai expliqué, a suscité deux types de réactions : d'un côté, ceux qui m'ont dit que c'était une idée folle… que nos jeunes n'avaient pas besoin d'aller à l'étranger pour draguer les filles. De l'autre, ceux qui s'en sont immédiatement enthousiasmés", racontait-elle encore au Corriere della Sera.

Depuis sa création, plus de 16 millions d'Européens ont bénéficié du programme Erasmus, dont près de 91 000 Belges, selon les chiffres de l'agence publiés en 2025. Le programme s'étend aujourd'hui bien au-delà de l'Union européenne : aux 27 États membres s'ajoutent l'Islande, la Norvège, le Liechtenstein, la Macédoine du Nord, la Serbie et la Turquie.

Une reconnaissance européenne

Les hommages n'ont pas tardé à affluer. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a salué une femme qui "a inspiré la vie de millions de jeunes qui ont voyagé, étudié et embrassé différentes cultures". Son homologue français, Benjamin Haddad, a également réagi sur X :

Grâce à Sofia Corradi, étudier à l'étranger n'est plus un privilège, mais une opportunité offerte à tous. Elle a façonné une Europe plus ouverte, plus curieuse, plus humaine. Une Europe à son image.

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