Une "menace grotesque": le nouveau coup de force de Trump pour faire tomber le président Maduro
Le président américain entend visiblement faire tomber le président Nicolas Maduro par tous les moyens. Il a imposé un blocus total sur le pétrole vénézuélien.

- Publié le 17-12-2025 à 20h02

"Aujourd'hui, j'ordonne un blocus total et complet de tous les pétroliers sanctionnés entrant et sortant du Venezuela", a écrit, mardi, le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social dans un énième tour de vis économique contre le pays du président Nicolas Maduro.
Le président américain a justifié sa position, avec sa rhétorique habituelle et sans étayer ses écrits, en expliquant que son homologue vénézuélien utilise le pétrole pour financer "le narcoterrorisme, la traite d'êtres humains, les meurtres et les enlèvements". Il a encore affirmé que "le régime vénézuélien avait été désigné comme une organisation terroriste internationale", sans que cette information ne soit reprise sur les sites officiels américains.
Une "menace grotesque"
Le gouvernement vénézuélien a immédiatement dénoncé, dans un communiqué, une "menace grotesque", affirmant que Washington "tente d'imposer de manière absolument irrationnelle un prétendu blocus naval militaire au Venezuela dans le but de voler les richesses" du pays.
Dans ce jeu de ping-pong médiatique, Donald Trump a répété que le déploiement américain "ne fera que s'accroître, et le choc qu'ils subiront sera sans précédent… jusqu'à ce qu'ils rendent aux États-Unis d'Amérique le pétrole, les terres et les autres actifs qu'ils nous ont précédemment volés".
Donald Trump n'a, là encore, pas étayé ses accusations de vols de pétrole et de terres. Dans les années 1970, le Venezuela a nationalisé son industrie pétrolière, et sous la présidence d'Hugo Chavez (1999-2013), les "majors" étrangères ont été obligées d'accepter des entreprises mixtes, majoritairement détenues par la compagnie d'État PDVSA.
La compagnie américaine Chevron, qui y opère toujours en vertu d'une dispense de sanctions, a pour sa part déclaré mardi que ses opérations "continuaient sans interruption et dans le plein respect des lois".
Soumis à un embargo américain depuis 2019, le pétrole vénézuélien est écoulé sur le marché noir à des prix en dessous du marché, à destination notamment de la Chine.
Joaquin Castro, représentant démocrate du Texas, a pour sa part dénoncé sur X le blocus naval, selon lui "incontestablement un acte de guerre. Une guerre que le Congrès n'a jamais autorisée et dont le peuple américain ne veut pas".
La Chambre des représentants, à majorité républicaine, devra se prononcer jeudi sur une résolution "enjoignant au président de mettre fin aux hostilités", a-t-il affirmé. Chaque député "aura l'occasion de décider s'il soutient l'envoi d'Américains dans une nouvelle guerre de changement de régime".
Navire arraisonné
La semaine dernière, les forces américaines avaient saisi en mer des Caraïbes un pétrolier à destination de Cuba.
Le "Skipper" transportait entre un et deux millions de barils de brut vénézuélien, selon les sources, pour une valeur de 50 à 100 millions de dollars.
D'après Washington, le navire était sous sanctions américaines depuis 2022 pour des liens présumés avec le Corps des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique d'Iran, ainsi que le Hezbollah libanais.
La Maison-Blanche, qui entend "saisir le pétrole" du "Skipper", a cependant l'existence de questions juridiques.
L'annonce du blocus survient alors que les ministres américains de la Défense et des Affaires étrangères ont défendu mardi au Congrès les frappes menées contre des embarcations soupçonnées de "narcotrafic" dans les Caraïbes.
